Poitiers : les chefs du monde entiers rendent un dernier hommage à Joël Robuchon

Parmi eux, les illustres et multi-étoilés Michel Guérard, André Dutournier, Alain Ducasse notamment.

Une cérémonie en hommage du cuisinier Joël Robuchon à la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers (Vienne), le 17 août 2018.
Une cérémonie en hommage du cuisinier Joël Robuchon à la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers (Vienne), le 17 août 2018. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Des centaines de grands chefs français et étrangers, au milieu d'anonymes, se sont rassemblés vendredi 17 août à Poitiers (Vienne), pour rendre un dernier hommage à Joël Robuchon. Le cuisinier le plus étoilé du monde est mort le 6 août, à l'âge 73 ans. Un portrait géant du chef aux 32 étoiles (au sommet de sa carrière), devenu ambassadeur et emblème mondial de la gastronomie française, dominait la façade de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, où a débuté la cérémonie religieuse.

Les obsèques de Joël Robuchon, qui a succombé à un cancer à Genève (Suisse), ont eu lieu une semaine plus tôt dans l'intimité, selon le vœu de sa famille. Mais à travers l'hommage public dans sa ville natale, les proches du cuisinier voulaient "un instant fraternel et solennel en mémoire de celui qui restera un guide, un père formateur, une étoile directrice, un ami, un homme affectueusement attaché" à la région du Poitou.

"C'était par essence le grand cuisinier universel"

En vestes blanches de cuisinier ou noires des ateliers Robuchon, les chefs invités de tous âges se sont retrouvés sur le parvis de la cathédrale. Parmi eux, les illustres et multi-étoilés Michel Guérard, André Dutournier et Alain Ducasse notamment. Paul Bocuse, autre grand chef français mort en janvier, était représenté par sa fille François Bernachon-Bocuse.

"Joël Robuchon, c'était par essence le grand cuisinier universel. (...) Il représentait aussi ce symbole du travail de la main, de l'artisan", a confié Michel Guérard, le chef d'Eugénie-les-Bains (Landes). "Il a changé ma vie quand j'ai quitté Tokyo à l'âge de 28 ans pour venir être son adjoint. Avec lui j'ai tout réappris, tout recommencé à zéro. Il était un artisan hors pair, un palais d'exception, l'excellence dans la simplicité", a raconté, la voix secouée par l'émotion, le chef Éric Briffard, ancien second de Robuchon.

"Au Japon, il est le dieu de la cuisine française"

Une délégation du Japon, un pays dont Joël Robuchon était épris et où il avait tissé des liens étroits en ouvrant trois restaurants étoilés à Tokyo, est aussi présente. Tout comme son fils franco-japonais Louis Robuchon-Abe. "À ma connaissance, il est le premier chef français à avoir maîtrisé la sauce soja... Au Japon on nous demande de plus en plus de cuisine française. C'est l'impact de Joël Robuchon. En France je ne sais pas, mais au Japon il est le dieu de la cuisine française", a expliqué Hirohisa Koyama, chef japonais qui collaborait avec le "MOF" (meilleur ouvrier de France) depuis trente ans.

Après la messe, l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, ainsi que les chefs Guy Savoy, Jacques Maximin et Éric Bouchenoire devaient prendre la parole. Jean-François Girardin, le président des Meilleurs ouvriers de France, ou le chroniqueur gastronomique Périco Légasse devaient également lui rendre un dernier hommage.