Une enquête ouverte contre Abdellatif Kechiche, accusé d'agression sexuelle

Une femme avait déposé plainte contre le réalisateur Abdellatif Kechiche le 6 octobre, l'accusant d'agression sexuelle. Le cinéaste conteste "catégoriquement" les faits.

 Abdellatif Kechiche, réalisateur, scénariste et acteur franco-tunisien. Photographie réalisee le 10 février 2014 a l\'occasion de la remise des Prix du Syndicat Francais de la Critique de Cinéma.
 Abdellatif Kechiche, réalisateur, scénariste et acteur franco-tunisien. Photographie réalisee le 10 février 2014 a l'occasion de la remise des Prix du Syndicat Francais de la Critique de Cinéma. ( BALTEL/SIPA)
Une enquête pour agression sexuelle a été ouverte par le parquet de Paris contre le réalisateur Abdellatif Kechiche. La plaignante serait une jeune femme de 29 ans qui "affirme avoir dîné, dans la nuit du 23 au 24 juin dernier, avec le réalisateur dans un appartement à Paris, dans le 20e arrondissement", selon BFMTV. Endormie après avoir bu plusieurs verres d'alcool, "elle affirme ensuite s'être réveillée sur le canapé, son pantalon était ouvert et Abdellatif Kechiche se livrait à des attouchements sur elle", rapporte la chaîne de télévision. La jeune femme a été entendue par les enquêteurs du 2e district de police judiciaire (DPJ), en charge des investigations, selon une source policière. Plusieurs autres participants de la soirée, dont Abdellatif Kechiche, doivent encore être auditionnés.

Abdellatif Kechiche dément les accusations

Le cinéaste, Palme d'or en 2013 pour "La vie d'Adèle", "conteste catégoriquement la véracité de ces accusations émanant d'une personne qui n'a trouvé comme seul moyen de se faire connaître que celui de s'attribuer le statut de victime", a déclaré son avocat Jérémie Assous, joint par l'AFP.

Abdellatif Kechiche a d'abord été comédien avant de devenir metteur en scène et réalisateur. Au cinéma, il s'est illustré avec des oeuvres subtiles et humanistes comme "l'Esquive" ou "la Graine et le Mulet", toutes deux récompensées du César du meilleur film, et "La vie d'Adèle", au centre d'une polémique quelques mois après son couronnement à Cannes. Connu pour sa grande exigence sur les plateaux, le réalisateur avait été la cible de l'une des deux actrices principales du film, Léa Seydoux, qui avait dénoncé des conditions de tournage "horribles", des journées sans fin et des centaines de prises pour une même scène.  Se disant "humilié" par cette querelle publique, Abdellatif Kechiche avait fini par dire qu'il aurait préféré que le film ne sorte pas car il avait été "trop sali".