"Van Gogh et le Japon" : un beau documentaire sur l’influence du Pays du Soleil levant sur le plus solaire des peintres

"Van Gogh et le Japon" : une longue histoire que révèle ce très beau documentaire autour de l’exposition éponyme du Musée Van Gogh d’Amsterdam de 2018.

Au café : Agostina Sagatori au Tambourin, huile sur toile de Van Gogh exposée dans le cadre de l\'exposition \"Van Gogh et le Japon\" au Musée Van Gogh d\'Amserdam.
Au café : Agostina Sagatori au Tambourin, huile sur toile de Van Gogh exposée dans le cadre de l'exposition "Van Gogh et le Japon" au Musée Van Gogh d'Amserdam. (Copyright Exhibition on Screen)

Van Gogh et le Japon, c’est le sujet de ce documentaire fondé sur l’exposition éponyme du Musée Van Gogh d’Amsterdam de 2018. Il retrace la fascination du peintre pour les estampes japonaises et comment elles ont été déterminantes dans sa peinture et sa vie.

Epure nipponne

Si les historiens d’art mettent résolument la peinture de Vincent Van Gogh sous l’influence des estampes japonaises, les amateurs ne font pas forcément le rapprochement. L’artiste, comme Monet, Bonnard ou Degas, furent tous sous influence japonaise à partir de 1860. Van Gogh en fut sans doute le plus imprégné. S’il ne s’est jamais rendu dans l’Archipel, il collectionna les estampes d’Hokusai, Hiroshige, Utamaro ou Sharaku qui forgèrent en lui un Japon idéalisé, à la source d’une peinture nouvelle.
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Van Gogh copia des estampes japonaises, adapta la chaleur de leurs couleurs foisonnantes, interpréta leurs aplats, leur trait et compositions épurées, dans ses toiles. Il retrouva même dans la Provence qu’il rejoint en 1888 des réminiscences japonaises dans les paysages, alors qu’ils n’avaient rien à voir avec la nature nipponne. Il retrouvait ainsi dans ce sud ensoleillé, les couleurs des estampes solaires, et une organisation topographique qu’il interprétait à travers son œil formé à l’art japonais. Cette alchimie se vérifie dans sa peinture paysagère, puis ses portraits, et s'exprime dans les lettres à son frères Théo.

Une série remarquable

Réalisateur attitré de la collection Exhibition on Screen (Exposition sur grand écran), David Bickerstaff, qui a déjà donné de magnifiques documentaires sur Degas, Canaletto, Goya ou Rembrandt, persiste dans la réussite de cette série. Exigeante, elle recèle toujours des images très soignées et souvent inventives, sans reconstitution pompeuse. Liés à des expositions, ses films ciblent un sujet précis dans la carrière d’un peintre, tout en restant abordables et instructifs, avec des intervenants triés sur le volet.

Le père Tanguy, huile sur toile de Vincent Van Gogh 
Le père Tanguy, huile sur toile de Vincent Van Gogh  (Exhibition on Screen)
L’on y apprend par exemple que cet amour pour le Japon, le pays lui a rendu au centuple, en le sacrant peintre le plus apprécié de l’Archipel. Un juste retour des choses. Van Gogh et le Japon est une très belle réussite d’Exhibition on Screen, par le récit et le choix des œuvres montrées, souvent peu connues du peintre. Beau et passionnant : de la belle ouvrage.

L\'affiche de \"Van Gogh et le Japon\"
L'affiche de "Van Gogh et le Japon" (Seventh Art Productions)

La fiche

Genre : Documentaire
Réalisateur : David Bickerstaff
Pays : Grande-Bretagne
Durée : 1h27
Sortie : 5 juin 2019
Distributeur : Seventh Art productions

Synopsis
 : "J’envie les Japonais", écrivait Van Gogh à son frère, Théo. Grâce à l’exposition sur laquelle est basé ce film, "Van Gogh et le Japon", au musée Van Gogh d’Amsterdam, on comprend pourquoi. Bien que Vincent Van Gogh n’ait jamais visité l'archipel, il reste le pays qui a eu le plus d’influence sur lui et son œuvre. En se rendant dans les galeries d’art japonais à Paris et en créant sa propre image du Japon après des recherches approfondies, des collections d’estampes et de longues discussions avec d’autres artistes, la découverte des œuvres japonaises entraîna la carrière de Van Gogh dans une nouvelle direction très excitante.