"Tunnel to Summer", film d’animation romantique et beau sur le temps, adapté du manga de Mei Hachimoku

L’adaptation du manga invite le spectateur à un voyage sentimental dans le temps.
Article rédigé par Jacky Bornet
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
"Tunnel to Summer" de Tomohisa Taguchi (2024). (Mei Hachimoku, Shogakukan/The Tunnel to Summer, the Exit of Goodbyes Film Partners)

Le mélodrame est la recette du manga, qui mêle avec art, la romance, le rythme et l'art graphique. Tunnel to Summer, à partir du mercredi 5 juin dans les salles, relève de la tendance shōjo, qui cible les lycéennes au Japon.

Nés à la même époque, les mangas sont dans l’archipel nippon l’équivalent des romans-feuilletons français de la fin du XIXe siècle. Ils annoncent les séries TV, et avant elles au cinéma, Louis Feuillade (1916), les serials (années 40) et les franchises (James Bond, Star Wars, Marvel). Les feuilletons et séries fidélisent et fédèrent un public. Ils permettent également aux auteurs de développer les personnages et de complexifier les intrigues. Tunnel to Summer n'y départ pas, tout comme son adaptation au cinéma.

Tunnel to Summer est un bijou minimaliste. L’art graphique japonais n’est qu’épure. Le trait, comme en calligraphie, en est l’âme. Avec ses rails, ses bois de traverses, son trou noir dans lequel s’enfoncent les personnages, se joue la vie de deux adolescents. Étudiant en art et artiste, Kaoru se remet mal de la perte de sa petite sœur, quand il rencontre Anzu qui lui fait découvrir un tunnel au pouvoir magique qui va lui permettre de faire le pas, et un peu plus encore. Car il offre à celui qui ose s’y aventurer ce qu’il désire de plus cher.

Mais ce passage sombre contient un piège. Plus on passe du temps à l'intérieur, plus le nombre d’heures, voire de jours passés, est élevé à sa sortie. En gros, on y viellit plus vite. Anzu guide Kaoru, lui fait retrouver sa sœur qui l’apaise, les allers-retours se multiplient, entrecoupés des cours, de l’école, et des camarades qui commencent à s’intéresser d’un peu trop près à cet aimant que semble devenir le tunnel.

La lumière au bout du tunnel

Ce puits horizontal est lié à un traumatisme. Dans le film à sketches de Akira Kurosawa Rêves (1990), un soldat japonais durant la Seconde Guerre mondiale se trouve face à un tunnel qui le confronte à lui-même. Dans Tunnel to Summer, Kaoru est accompagné, mais il effectue une même introspection qui réveille ses fantômes intérieurs. Les spectres habitent la culture et le quotidien nippon, Mei Hachimoku, auteur, et Tomohisa Taguchi, adaptateur et réalisateur, les invoquent avec tact.

Mais le film n’est pas un drame ténébreux, la lumière pointe au bout du tunnel, au fil d’une dramaturgie qui mène de la perte de la petite sœur, à la rencontre avec Anzu qui la comble. Ce n’est pas divulgâcher de dire que l’amour est au bout du chemin, dans ce beau film d’animation qui a remporté le Prix Paul Grimault du dernier Festival du film d'animation d'Annecy.

L'affiche de "Tunnel to Summer" de Tomohisa Taguchi (2024). (STAR INVEST FILMS FRANCE)

La fiche

Genre : Animation Romance/Science-fiction
Réalisateur : Tomohisa Taguchi
Pays : Japon
Durée : 1h24
Sortie : 5 juin 2024
Distributeur : Star Invest films France
Synopsis : Selon une légende urbaine, trouver et traverser le mystérieux tunnel d’Urashima offre à celui qui ose s’y aventurer ce qu’il désire de plus cher mais à un prix qui rend l’expérience périlleuse : quelques secondes en son sein se transforment en plusieurs heures dans la vraie vie ! Kaoru, un jeune lycéen, qui a du mal à se remettre de la disparition de sa petite sœur va faire équipe avec Anzu, une jeune fille énigmatique qui lui propose son aide pour tenter l’aventure. Mais qu’attend-elle de lui en échange ? Et que lui restera-t-il, une fois qu'il aura traversé le tunnel ?

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