"1917" : Sam Mendes réalise un des meilleurs films sur la Première Guerre mondiale

Sam Mendes, réalisateur de "Skyfall", rassemble en un film des récits qui témoignent du front anglais en 1917 : sublime.

Dean-Charles Chapman, George MacKay dans \"1917\" de Sam Mendes.
Dean-Charles Chapman, George MacKay dans "1917" de Sam Mendes. (FRANÇOIS DUHAMEL / UNIVERSAL PI)

Le front anglais en 1917 dans l’est de la France comme jamais vu au cinéma. Le réalisateur de Skyfall et d’American Beauty, Sam Mendes, raconte les souvenirs de ceux qui y étaient. Un superbe récit monté en un plan séquence (sans coupes) de deux heures. 1917 est sans doute le meilleur film sur la Première Guerre mondiale depuis Les Sentiers de la gloire de Kubrick (1957) et Johnny Got his Gun (Dalton Trumbo, 1971), en salle mercredi 15 janvier.

Franc et concis

Avril 1917 : deux gradés anglais sur le front de l’Est en France sont envoyés en mission pour avertir les premières lignes d’annuler une offensive prévue à l’aube, l’ennemi allemand leur tendant un piège. Les deux amis doivent traverser les tranchées et territoires fraîchement désertés par l’Allemagne au risque de leur vie, pour en sauver 1 600 autres.

Universal Pictures International France
Les termes de l’intrigue sont francs et concis, la réalisation tout autant. Sam Mendes suit ses deux personnages de leur réveil à l’aube suivante. Réalisé en un plan séquence (sans coupes), une telle prouesse n’est possible que ponctuée de raccords invisibles. C’est un choix de montage, et il s'avère des plus efficaces dans la plupart des cas. Ce qui particulièrement efficace sur un sujet tel que celui de 1917 : une aventure humaine, filmée au plus près de ses protagonistes qui traversent un chaos de boue et de cadavres fondus dans le paysage, comme eux-mêmes dans leurs uniformes ocre-gris.

Au cœur du sujet

Le no man’s land traversé, une verte campagne apparaît, avec d’autres dangers. Après les visions d’horreur, la course contre le temps prend le dessus dans un formidable suspense. Les derniers soldats allemands hantent encore les lieux, des combats aériens ont des conséquences dramatiques sur la mission… Dans une reconstitution somptueuse à la figuration imposante, avec une mise en images créatrice d’émotions, 1917 met le spectateur au cœur du sujet. L’absurdité de la guerre est évoquée dans plus d’un film, mais elle est transmise par Sam Mendes dans un rapport au plus proche de l’individu, du soldat, de l’appelé, des rares civils croisés…

\"1917\" de Sam Mendes.
"1917" de Sam Mendes. (UNIVERSAL PICTURES AND DREAMWORK)

L’empathie est instaurée dès les premières images, Georges McKay et Dean Charles Chapman incarnant des héros anonymes, entre psychologie et performance physique. Fondus dans le décor, ils le sont tout autant dans le temps. Leur temps est compté, d’où le choix de tourner le film en un plan séquence, magnifiquement chorégraphié, dans les mouvements de caméra et des acteurs. Il en ressort un suspense palpable. Sur un sujet délicat, car historique et traumatique, traité avec art : sans conteste le meilleur film de cette rentrée de janvier.   

France 3

L\'affiche de \"1917\" de Sam Mendes.
L'affiche de "1917" de Sam Mendes. (Universal Pictures International France)

La fiche

Genre : Guerre
Réalisateur : Sam Mendes
Acteurs : George MacKay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong
Pays : Grande-Bretagne / Etats-Unis
Durée : 1h59
Sortie : 15 janvier 2020
Distributeur :  Universal Pictures International France

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Synopsis : Pris dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner une mission à proprement parler impossible. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake, ils se lancent dans une véritable course contre la montre, derrière les lignes ennemies.