Quand la réalisatrice Agnès Varda se préparait "à dire au revoir"

Au festival du film de Berlin où elle a présenté son documentaire "Varda par Agnès", la cinéaste de la Nouvelle vague Agnès Varda a déclaré qu'elle "ralentissait" et "se préparait à dire au revoir". Elle a annoncé qu'elle ne ferait plus de conférences ni d'interview en tête-à-tête.

Agnès Varda au festival du cinéma de Berlin de 2019. 
Agnès Varda au festival du cinéma de Berlin de 2019.  (Manuel Romano / NurPhoto)
"Je devrais arrêter de parler de moi, et voilà, je dois me préparer à dire au revoir, à partir", a indiqué Agnès Varda, lors d'une conférence de presse. "Il s'agit juste de ralentir pour trouver la paix nécessaire", a ajouté la cinéaste française, interrogée pour savoir si elle faisait ses adieux avec ce film.

Un film pour dire au revoir

Son documentaire "Varda par Agnès", se présente en deux parties sous forme de leçon de cinéma. Agnès Varda revient sur sa carrière de plus de 60 ans. Il sera diffusé le 18 mars sur la chaîne de télévision Arte en France. Elle parle de ses inspirations et de son travail, au 20e siècle dans le premier volet, puis à partir des années 2000 dans le second, période où elle s'est davantage tournée vers le documentaire et les arts visuels.
Image du film \"Varda par Agnès\" présenté au festival du film de Berlin 2019.
Image du film "Varda par Agnès" présenté au festival du film de Berlin 2019. (DR)

"J'ai fait beaucoup de conférences partout, dans des universités, des écoles de cinéma, toutes sortes d'endroits, des festivals, même des petits ciné-clubs. Et je me suis dit que je devrais faire maintenant un film qui soit comme une conférence", a-t-elle expliqué. Ce film est "une façon de dire au revoir, parce que je ne veux plus parler de mes films", a ajouté la réalisatrice, précisant que "maintenant, elle n'accepterait plus de faire des conférences" ou de "donner des interviews en tête-à-tête".

"Les femmes ont conquis le domaine du cinéma"

Agnès Varda, femme pionnière pour son époque, est revenue par ailleurs sur ses débuts comme réalisatrice en 1954 avec son premier long métrage de fiction "La Pointe courte". "Il y avait très peu de femmes réalisatrices", a-t-elle rappelé. Mais "quand j'ai fait ce film, ce qui m'intéressait, ce n'était pas de dire 'Je suis une femme réalisatrice', c'était de faire un film radical", a-t-elle observé. "Aujourd'hui, c'est très important que les femmes peu à peu non seulement soient réalisatrices, mais cheffes opératrices, mixeuses, ingénieures du son, monteuses... Les femmes ont conquis peu à peu le domaine du cinéma", s'est-elle félicitée.
 
La réalisatrice de "Cléo de 5 à 7", qui a mené avec l'actrice Cate Blanchett une marche des femmes pour l'égalité au dernier Festival de Cannes, s'est estimée cependant "à moitié contente" de cette opération, qu'elle a trouvée "un peu trop chic cinéma". "C'était des belles femmes sur des beaux escaliers avec des belles robes", a-t-elle dit. "Et c'est moins efficace quelquefois qu'une marche dans la rue ou une réunion".