"Paris est à nous", épopée parisienne entre fiction et réalité, sort sur Netflix

Une bande de potes passionnés de cinéma, un tournage de plus de trois ans dans les rues de Paris sans figuration et pratiquement sans argent et au final une sortie mondiale sur Netflix, c'est l'histoire originale du film "Paris est à nous", disponible depuis ce week-end sur la plateforme. Un film dont la conception est unique en son genre, et qui s'est financé grâce à une cagnotte en ligne.

Noémie Schmidt dans \"Paris est à nous\"
Noémie Schmidt dans "Paris est à nous" (NETFLIX)
Réalisé par "Elisabeth Vogler", pseudonyme d'une personne particulièrement discrète même si l'équipe du film assure qu'elle existe vraiment, "Paris est à nous" suit les pérégrinations d'Anna, incarnée par la charismatique Noémie Schmidt ("Versailles", "Radin"...), principalement dans les rues de la capitale, mais aussi parfois en bord de mer ou dans des paysages montagneux.
Anna se dispute beaucoup avec Greg, interprété par Grégoire Isvarine, une histoire d'amour houleuse qui fait écho à la tension captée dans les rues de Paris, où la fiction se superpose à la réalité : il n'y a pas de figurants, les personnages en toile de fond étaient vraiment là, dans une manifestation post-attentat contre Charlie Hebdo, pour Nuit Debout, pour l'hommage à Johnny Hallyday.

Des dialogues en partie improvisés

"L'idée c'était de faire un film sur notre époque, de parler de notre génération sans attendre la permission de personne. On a senti qu'il y avait une tension qui s'emparait de Paris c'est pour cela qu'on a filmé. On ne voulait pas reproduire la réalité mais l'intégrer, et le réel vient faire basculer la fiction", explique Noémie Schmidt dans une vidéo de présentation en ligne sur le site de financement participatif Kickstarter.

Car après plusieurs années de tournage financées par 4.000 euros, l'équipe a fait appel à la générosité des internautes pour la post-production. Ils espéraient 10.000 euros, ils en ont collecté près de dix fois plus : 2.383 contributeurs leur ont donné 91.500 euros, grâce notamment au succès de la vidéo de présentation sur Facebook, vue plus de 4 millions de fois.

Un film expérimental qui ne sortira pas en salle

Le projet initial s'appelait "Paris est une fête", en référence au livre posthume d'Hemingway devenu un symbole de résilience après les attentats de Paris.
Plutôt expérimental, parfois maladroit, onirique et anxiogène, "Paris est à nous" est un film de "Millenials" par excellence, accompagné d'une bande son électro de luxe signée du DJ Laurent Garnier.
Affiche de \"Paris est à nous\"
Affiche de "Paris est à nous"

Netflix, qui diffuse le film dans 190 pays, l'a acheté tel quel sans intervenir sur le montage, et c'est ce qui a motivé l'équipe à choisir la plateforme américaine, même s'il ne sortira pas en salles comme souhaité initialement, a indiqué l'un des producteurs, Laurent Rochette, dans l'émission "Quotidien".