"Nomadland", de la Chinoise Chloé Zhao, grand favori des Oscars

Le film, qui n’est pas encore disponible en France, aborde le thème des déclassés qui arpentent les États-Unis au gré des petits boulots.

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Radio France
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La réalisatrice Chloé Zhao à Deauville en 2015 (NINA PROMMER / EPA)

Nomadland, de la cinéaste chinoise Chloé Zhao, est le grand favori de la 93e cérémonie des Oscars, qui se tient dans la nuit de dimanche 25 avril à lundi 26 avril à Los Angeles. Le film a déjà remporté le Golden Globe et le Bafta du meilleur film. Ce long métrage, qui n’est pas encore disponible en France, a été tourné dans les grands espaces de l'Ouest américain, auprès des déclassés du pays.

Nomadland est adapté d’un roman de Jessica Bruder. Le spectateur avance dans les pas de Fern, une femme d’une cinquantaine d’années, incarnée avec justesse par Frances McDormand. Son personnage parcourt les routes de l’Ouest américain, en vivant dans son van spécialement aménagé, après la mort de son mari, et la perte de son emploi chez Empire, une société qui extrait et transforme du gypse.

À l'écran, des vraies figures de la communauté nomade

On pourrait penser à un clin d’œil sur un empire américain en disgrâce et ses citoyens à la dérive, sauf que Empire existe vraiment, et de nombreux personnages du film sont joués non pas par des acteurs professionnels, mais par des figures de la communauté nomade. Ces personnes, qui bien plus souvent par contrainte que par choix, arpentent l’Amérique, s’arrêtant pour dormir sur des parkings dans leur camping-car, selon les emplois temporaires et précaires qui leur sont offerts. C'est pour eux que Chloé Zhao avait eu sa première pensée, lorsqu’elle a remporté plusieurs Golden Globes, fin février.

Le talent de la réalisatrice chinoise était déjà perceptible dans son précédent long-métrage The Rider, sorti en 2017. Mais il éblouit dans ce dernier film, grâce à de nombreux choix formels. Elle a recours à beaucoup de plans larges, de contre-jours, des personnages filmés de dos et une lumière souvent extraordinaire liée au choix de tourner la plupart du temps au petit matin ou à la tombée de la nuit. Les grands espaces américains offrent un décor naturel idéal, qu’il s’agisse de désert, d’arbres, de montagnes ou de rivières.

En s’attachant à ces anonymes déclassés, aux retraites misérables et souvent sans couverture santé, le film est politique, mais pas manichéen. Il n’assène rien et beaucoup de belles choses apparaissent de ces vies souvent cabossées. Accueilli par des critiques élogieuses, Nomadland a coûté cinq millions de dollars en a rapporté six sur le territoire américain. Mais l’histoire n’est pas finie, et après plusieurs reports, il devrait normalement enfin être visible en salles en France prochainement.

"Nomadland", de la Chinoise Chloé Zhao, grand favori des Oscars - le reportage de Matteu Maestracci
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