Ce qu'il faut retenir de la soirée et du palmarès des Oscars 2015

Francetv info a fait nuit blanche pour suivre la 87e cérémonie des Oscars. Voici l'essentiel du palmarès et un petit récapitulatif des événements marquants de la soirée. 

Le réalisateur de \"Birdman\" Alejandro González Iñárritu pose avec l\'acteur Sean Penn et les deux producteurs de son film, James W. Skotchdopole (à g.) et John Lesher (à d.), le 22 février 2015.
Le réalisateur de "Birdman" Alejandro González Iñárritu pose avec l'acteur Sean Penn et les deux producteurs de son film, James W. Skotchdopole (à g.) et John Lesher (à d.), le 22 février 2015. ( LUCY NICHOLSON / REUTERS)

Pas de surprises, ou presque. La 87e cérémonie des Oscars a couronné Birdman, du Mexicain Alejandro González Iñárritu, sacré "meilleur film", au terme d'un show de quatre heures présenté par Neil Patrick Harris, de la série How I Met Your Mother. L'Oscar du meilleur acteur a été décerné à Eddie Redmayne, pour son rôle dans Une merveilleuse histoire du temps et celui de la meilleure actrice a été remporté par Julianne Moore, pour son interprétation dans Still Alice.

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Pour les cinq principales catégories, les prévisions de francetv info, basées sur des modèles mathématiques, réalisées la veille des Oscars ont visé juste. Voici ce qu'il faut retenir du palmarès.

"Birdman" survole son duel face à "Boyhood"

La fresque familiale intimiste de Richard Linklater n'a pas résisté à la créativité visuelle de son principal concurrent. Boyhood a perdu son duel face à Birdman, d'Alejandro González Iñárritu. Le film n'a récolté qu'un Oscar, celui du meilleur second rôle féminin pour Patricia Arquette, contre quatre pour Birdman : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleure photo. 

C'est finalement The Grand Budapest Hotel qui s'est imposé comme le rival numéro 1 de Birdman. Le film de Wes Anderson récolte, lui aussi, quatre Oscars, dans des catégories techniques : meilleurs décors, meilleur maquillage, meilleurs costumes et meilleure bande originale.

"Whiplash" tire son épingle du jeu

Whiplash, de Damien Chazelle, réussit un beau coup lors de ces Oscars. Ce face-à-face accroché entre un professeur de batterie tyrannique et un de ses élèves récolte trois récompenses : meilleur second rôle masculin pour J.K. Simmons, meilleur mixage son et meilleur montage. Whiplash avait remporté le Prix du jury au festival de Sundance 2014, preuve que les sphères du cinéma indépendant et hollywoodien communiquent de plus en plus.

American Sniper, de Clint Eastwood, Selma, d'Ava DuVernay, et Interstellar, de Christopher Nolan, se partagent les restes. Le premier repart avec l'Oscar du meilleur montage son, le deuxième avec celui de la meilleure chanson originale et le troisième avec celui des meilleurs effets spéciaux. Les thrillers psychologiques Gone Girl et Foxcatcher repartent les mains vides.

Alexandre Desplat oscarisé, "Timbuktu" boudé

La France avait quatre chances de remporter un Oscar, à travers les nominations de Marion Cotillard, Alexandre Desplat, Abderrahmane Sissako (même son film Timbuktu concourait pour la Mauritanie) et le court-métrage La Lampe au beurre de Yak. Résultat, c'est Alexandre Desplat qui apporte un trophée à la France, après avoir été nommé huit fois sans jamais être couronné lors des précédentes éditions. Le compositeur, qui était cité deux fois dans la catégorie "meilleure bande originale", a soufflé l'Oscar à Hans Zimmer (Interstellar) grâce à son travail pour The Grand Budapest Hotel.

Le compositeur français Alexandre Desplat pose avec son Oscar, à Los Angeles (Californie), le 23 février 2015.
Le compositeur français Alexandre Desplat pose avec son Oscar, à Los Angeles (Californie), le 23 février 2015. (FREDERIC J. BROWN / AFP)

Dans la catégorie du "meilleur film en langue étrangère", le multi-césarisé Timbuktu a dû s'incliner devant Ida, du Polonais Pawel Pawlikowski. Quant à Marion Cotillard, elle n'a rien pu faire face à Julianne Moore, archi-favorite pour son rôle de professeure atteinte d'Alzheimer dans Still Alice.

Edward Snowden, présent mais absent

Parmi les instants forts de la soirée, on retiendra le sacre du documentaire Citizenfour, film coup de poing sur le lanceur d'alerte Edward Snowden, qui a révélé le programme de surveillance massif de la NSA. Edward Snowden "a révélé les menaces qui pèsent non seulement sur notre vie privée, mais sur notre démocratie", a déclaré la réalisatrice du documentaire Laura Poitras, accompagnée par le journaliste Glenn Greenwald, qui avait recueilli les révélations du lanceur d'alerte. Edward Snowden vit toujours en exil à Moscou (Russie). "Il ne pouvait pas être présent à la cérémonie", a ironisé Neil Patrick Harris.

Les droits des minorités à l'honneur

Cette cérémonie n'a pas offert de grands moments comiques comme l'an dernier, où Ellen DeGeneres s'était amusée à prendre un selfie collectif, devenu historique, et faire distribuer des parts de pizza sur scène. En revanche, plusieurs discours ou temps forts ont remué l'audience. Cela a débuté avec la charge de Patricia Arquette contre les inégalités femmes-hommes aux Etats-Unis, notamment en termes de salaires. Un coup de gueule très apprécié par Meryl Streep et Jennifer Lopez, qui se sont levées et agitées telles des groupies.

Puis, de nombreux invités ont laissé couler leurs larmes devant l'interprétation de Glory par John Legend et Common, hommage à Martin Luther King et le combat des Noirs pour les droits civiques. "Il y a plus d'hommes noirs en prison ici maintenant que d'esclaves en 1850", a martelé John Legend en recevant la statuette dans la catégorie "meilleure chanson originale" pour le film Selma, qui retrace la lutte historique de Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens.

Quelques instants plus tard, le scénariste Graham Moore, oscarisé pour The Imitation Game, a révélé qu'il avait tenté de se suicider quand il avait 16 ans en raison de son homosexualité. En fin d'émission, Eddie Redmayne a salué toutes les personnes handicapées atteintes de la même maladie que Stephen Hawking, qu'il campe dans Une merveilleuse histoire du temps.

Le discours final d'Alejandro González Iñárritu lui a permis de rendre hommage à ses compatriotes, "ceux qui vivent au Mexique et ceux qui vivent dans ce pays. (...) Je prie pour qu'ils soient traités avec la même dignité et respect que ceux qui les ont précédés dans cette nation incroyable d'immigrants". Peu avant de lui remettre la récompense ultime, Sean Penn, qui avait tourné dans 21 Grammes avec Iñárritu, s'est permis une petite familiarité : "Who gave this son of a bitch his Green Card ?" ("Qui a donné son titre de séjour à cet enfoiré ?")

John Travolta critiqué pour son comportement

Si l'on devait retenir un moment "sortie de piste" parmi les quatre heures de show, ce serait la prestation de l'acteur John Travolta. Après avoir embrassé Scarlett Johansson sur la joue sur le tapis rouge, sans lui demander son autorisation, il a étrangement tripatouillé le visage d'Idina Menzel, sur scène.

L'an dernier, lors de la cérémonie des Oscars, John Travolta avait mal prononcé le nom d'Idina Menzel. Cette dernière pensait tenir sa revanche, puisqu'il a enfin réussi à prononcer les cinq syllabes correctement. Mais il n'a pu s'empêcher de la mettre de nouveau dans l'embarras. A moins que tous ces agissements déplacés ne soient qu'une façon de détourner le public de la vraie question à son sujet : sa perruque ?