Martine Carol, la star tombée dans l'oubli, au cœur d'une exposition aux studios de la Victorine

L'actrice Martine Carol est au coeur d'une exposition autour du tournage du film "Lola Montès" de Max Ophuls. Elle se tient à Nice, aux studios de la Victorine, sur les lieux mêmes où les scènes ont été tournées en 1955.

Martine Carol en 1954
Martine Carol en 1954 (MARY EVANS/SIPA / SIPA)

En avril 1955, Martine Carol est l'héroïne de Lola Montès, le film que Max Ophuls tourne à Nice dans les studios de la Victorine. Dans ce film en costume, la star des années 50 prend son public à contrepied. Célèbre pour sa blondeur et ses courbes affriolantes, elle se présente brune et corsetée dans des costumes d'époque : le public ne comprendra et pas et l'échec de ce film marquera le début de la fin pour sa carrière.

Jusqu'au 30 septembre 2019, l'exposition Avec Martine Carol et Lola Montès à la villa les Palmiers. Récit d’un tournage (Nice, 1955) retrace avec force documents, photos, costumes ce tournage qui a occupé les studios de la Victorine à Nice en avril de cette année-là. On y découvre aussi des articles de presse relatant la carrière de Martine Carol.

Coup fatal porté par BB

Au milieu des années 50, Martine Carol ne pouvait pas alors s'en rendre compte :  elle est le symbole de la fin d'une époque dans le cinéma français. Toujours bien coiffée sans que les cheveux ne soient jamais laissés à voler dans le vent, vêtue de manière à mettre sa poitrine en valeur mais avec toujours l'impression que le corps est emprisonné, Martine Carol correspondait à un après-guerre pas encore libéré des convenances.

Après l'échec commercial de Lola Montès, elle continuera à tourner mais surtout dans des oeuvres de moindre importance. Le coup fatal sera porté par une autre blonde, une jeune femme qui faisait souffler un vent de liberté autant sensuelle que sexuelle. En quelques films, Brigitte Bardot remplaçait toutes les blondes et pas mal de brunes en faisait entrer le cinéma français dans une nouvelle ère, celle de l'érotisme assumé. Bardot était la "fille" et toutes les autres devenaient soudain des "madames" !

Triste destin

La vie privée de Martine Carol, qui resta pour son public "Caroline Chérie" du titre d'un de ses premiers films, a été marquée par de multiples mariages et plusieurs tentatives de suicide. Sa mort d'une crise cardiaque, en 1967, reste assez mystérieuse et le doute subsiste sur le fait qu'elle se serait peut-être suicidée.