Les Oscars s'excusent auprès d'une actrice amérindienne, 50 ans après son refus d’une récompense au nom de Marlon Brando

En 1973, Sacheen Littlefeather avait refusé, de la part de l'interprète de Don Vito Corleone dans "Le Parrain", un Oscar du meilleur acteur pour protester contre les discriminations envers les amérindiens dans le cinéma hollywoodien. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Sacheen Littlefeather face à Roger Moore et Liv Ullmann lors de la 45e cérémonie des oscars en 1973.  (MARY EVANS/SIPA / SIPA)

Pour avoir voulu porter un message sur le triste sort réservé à son peuple devant un parterre de représentants du cinéma américain, l’actrice et militante amérindienne Sacheen Littlefeather a reçu en retour des huées et des insultes. Presque 50 ans après les faits, l'Académie des arts et des sciences du cinéma, chargée de décerner chaque année les prestigieux Oscars, lui présente des excuses.

C’était en 1973, lors de la 45e cérémonie de la grand-messe annuelle du cinéma américain. L’Académie souhaitait cette année-là mettre à l’honneur Marlon Brando, lui décernant pour sa prestation dans Le Parrain la prestigieuse statuette de meilleur acteur. Mais le comédien était absent. A sa place, c’est Sacheen Littlefeather qui est montée sur scène. Au nom de Marlon Brando, elle a refusé la récompense, en protestation contre le traitement par Hollywood des Amérindiens, et les discriminations que ces derniers subissaient.

Conspuée par la salle, elle avait plus tard affirmé que des agents de sécurité avaient même dû empêcher John Wayne, l'acteur star des westerns, de l'agresser physiquement.  

"Pendant trop longtemps, le courage dont vous avez fait preuve n'a pas été reconnu"

En juin dernier, à l’occasion de l’invitation de l’actrice à s’exprimer au musée des Oscars de Los Angeles le 17 septembre, l’Académie s’est excusée. "Les insultes que vous avez subies à cause de cette déclaration étaient déplacées et injustifiées", dit un courrier envoyé par le président de l'époque de l'Académie, David Rubin. "Le fardeau émotionnel que vous avez porté et le coût pour votre propre carrière dans notre industrie sont irréparables". "Pendant trop longtemps, le courage dont vous avez fait preuve n'a pas été reconnu. Pour cela, nous vous présentons à la fois nos plus sincères excuses et [nous vous faisons part de] notre sincère admiration".

"Nous, les Indiens, sommes des gens très patients - cela ne fait que 50 ans !", a réagi Sacheen Littlefeather, 75 ans, lundi 15 août dans un communiqué. "Nous devons garder notre sens de l'humour à ce sujet, tout le temps. C'est notre moyen de survie", a-t-elle ajouté. "Cela fait chaud au cœur de voir à quel point tant de choses ont changé depuis que je n'ai pas accepté l'Oscar il y a 50 ans". 

Le musée des Oscars, qui a ouvert en septembre dernier, s'était engagé à faire face à "l'histoire problématique" de l'industrie du cinéma, qu'il s'agisse du racisme qui entachait Autant en emporte le vent ou des récentes controverses sur la faible représentation des femmes et de minorités. Il aborde déjà l'accueil fait à Sacheen Littlefeather ce fameux soir de 1973.  

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