La Tunisie gênée par "La Vie d'Adèle", Palme d'or à Cannes

Le film du Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche évoque l'amour homosexuel entre deux femmes.

Le cinéaste franco-tunisien Abdellatif Kechiche, entouré de Léa Seydoux (à g.) et Adèle Exarchopoulos (à dr.), le 26 mai 2013 à Cannes.
Le cinéaste franco-tunisien Abdellatif Kechiche, entouré de Léa Seydoux (à g.) et Adèle Exarchopoulos (à dr.), le 26 mai 2013 à Cannes. (GAO JING / SIPA)

Les autorités tunisiennes auraient sans doute préféré que la Palme d'or soit attribuée à un film traitant d'une autre thématique que l'homosexualité. Alors que le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche a décroché la prestigieuse récompense, dimanche 26 mai, pour La Vie d'Adèle, un film évoquant l'amour homosexuel entre deux femmes, le ministère de la Culture tunisien a eu le plus grand mal à cacher sa gêne.

Le ministère de la Culture évoque un film "particulier"

Tout en affirmant que la Palme d'or obtenue par Abdellatif Kechiche représentait "un motif de fierté" pour la Tunisie, le ministère a qualifié le film de "particulier", "pouvant susciter des réserves chez une partie du public tunisien". Une réaction peu surprenante, l'homosexualité étant toujours très taboue en Tunisie. Dimanche soir, plusieurs blogueurs tunisiens considéraient d'ailleurs qu'il était inimaginable que le film soit diffusé dans le pays.

En recevant sa Palme, le cinéaste a de son côté dédié son prix "aux jeunes Tunisiens pour leur acte extraordinaire, la révolution tunisienne, et pour leur aspiration, eux aussi, à vivre librement, à s'exprimer librement et à aimer librement".