"La Jeune fille et l’araignée", une comédie suisse douce-amère, décalée et poétique

Frères suisses qui cosignent leur premier film, Ramon et Silvan Zürcher renouent avec une Nouvelle vague actualisée au goût du jour : un film intimiste pimenté.

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France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Henriette Confurius et Liliane Amuat dans   "La Jeune fille et l'araignée" de Ramon et Silvan Zürcher (2021). (BEAUVOIR FILMS)

Deux amies colocataires se séparent, dans La Jeune fille et l’araignée qui sort mercredi 20 octobre. Ramon et Silvan Zürcher, deux frères suisses, sont sur les traces de leur compatriote Jean-Luc Godard, époque Le Mépris. Ils filment un déménagement entre appartements, mais aussi dans les méninges. La fin d’une amitié, d’une intimité, peut-être d'un amour, vue avec un regard rare, dans l’image et le texte : celui d'une araignée au plafond.

Tohu-bohu ouaté

Lisa quitte la colocation qu’elle partageait depuis des années avec Mara. Pendant le déménagement, elles se croisent, au milieu du tohu-bohu, règlent des comptes à demi-mot, et font des rencontres où se joue une nouvelle vie.

Ramon et Silvan Zürcher captent l’instant charnière d’une rupture. Pourquoi Lisa rompt sa colocation avec Mara, n’est pas clairement expliqué. Le sujet est ailleurs. Filmé du point de vue de Mara, La jeune fille et l’araignée, c’est elle. Détachée de ce qui se passe autour d’elle, rechignant à aider, elle lance ses piques, en reçoit d’autres, dans une ambiance perturbée mais étrangement ouatée. Un charme iconoclaste émane de cette toile des sentiments qui chavire comme un bateau ivre.

Belle toile

Film d’appartement, La jeune fille et l’araignée frappe par le soin donné au cadre et à la couleur, composés à la Godard : graphique. Le film capte des riens rarement vus à l’écran : du vin déborde d’une table,  des caisses empilées dans couloir, une panderie ouverte... Comme son antihéroïne, le film est d’une simplicité sophistiquée, un paradoxe d’où naît la poésie. Huis-clos entre deux appartements, le film multiplie les situations inattendues, avec rythme, et un casting qui roule comme sur des roulettes.

"La Jeune fille et l’araignée" de Ramon et Silvan Zürcher (2021). (WAYNA PITCH)

Mara déverse son fiel comme du miel. L’amour et l’amitié se détachent dans des dialogues amères cisèlés de tournures sibyllines ou cinglantes. Sous ses airs anodins, La jeune fille et l’araignée vous prend dans sa toile jusqu’au bout du film.

"La Jeune fille et l’araignée" de Ramon et Silvan Zürcher (2021). (WAYNA PITCH)

La fiche

Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Ramon Zürcher et Silvan Zürcher
Acteurs : Henriette Confurius, Liliane Amuat, Ursina Lardi
Pays : Suisse
Durée : 1h38
Sortie : 20 octobre 2012
Distributeur : Wayna Pitch

Synopsis : Pendant des années, Lisa a vécu en colocation avec Mara et Markus. Mais le moment de prendre un appartement pour vivre seule est enfin venu. Un curieux manège de désirs prend son envol. Un film catastrophe tragi-comique, une ode poétique au changement et à l’éphémère.

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