John Singleton, figure du cinéma afro-américain est mort à l'âge de 51 ans

Avec "Boyz n the Hood", John Singleton a été le premier réalisateur noir être nommé pour l'Oscar de la mise en scène, en 1992. 

Le réalisateur John Singleton assiste à une avant-première à Los Angeles (Etats-Unis), le 16 juillet 2018.
Le réalisateur John Singleton assiste à une avant-première à Los Angeles (Etats-Unis), le 16 juillet 2018. (CHRISTOPHER POLK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Le réalisateur du film Boyz n the Hood (1991), John Singleton, est mort lundi 29 avril, ont indiqué les médias américains citant un communiqué de sa famille. Victime d'un accident vasculaire cérébral, il était hospitalisé depuis le 17 avril. "Nos coeurs sont lourds aujourd'hui", a déclaré le président de l'association des réalisateurs américains, Thomas Schlamme, en confirmant la mort du réalisateur dans un communiqué.

Ses proches avaient demandé l'arrêt des soins, en accord avec le personnel médical, le metteur en scène de 51 ans étant plongé dans le coma, dans un état désespéré. Il avait été victime d'une défaillance cardiaque le 17 avril.

Un regard nouveau sur Los Angeles

Boyz n the Hood, tourné à 22 ans seulement, avait été un choc culturel et une étape majeure dans l'histoire du cinéma afro-américain avec sa distribution comprenant Angela Bassett, Laurence Fishburne, Cuba Gooding Jr et le rappeur Ice Cube, dont c'était le premier rôle. Le film aura aussi marqué par sa bande originale, qui a contribué à populariser encore un peu plus le rap, avec Ice Cube, 2 Live Crew et Too $hort.

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"Personne ne faisait de film sur ce que nous vivions à Los Angeles", expliquera John Singleton, lui-même originaire de la cité des anges, pour décrire ce qui l'avait poussé à lancer le projet. Quelques films avaient déjà tenté de dépeindre cet univers, notamment Colors (1988) de Dennis Hopper, mais avec des points de vue très extérieurs.

Premier réalisateur noir nommé pour l'Oscar de la mise en scène

John Singleton a attribué l'écho favorable reçu très tôt par Boyz n the Hood à son passage à Cannes, dans la sélection Un certain regard, où il avait été ovationné à l'issue de la projection. Par la suite, il a réalisé 2 Fast 2 Furious (2003), son plus gros succès commercial, et un remake de Shaft (2000).

John Singleton a été  le premier réalisateur noir à être nommé pour l'Oscar de la mise en scène, en 1992, avec Boyz n the Hood.

A l'instar de Boyz n the Hood, il aura réalisé plusieurs drames sociaux avec, en toile de fond, la condition des Noirs aux Etats-Unis, principalement Poetic Justice (1993), Fièvre à Columbus University (1995) ou Quatre frères (2005).

Dans tous ces films, il aura confié à des acteurs noirs des rôles de premier plan et invité devant la caméra une série de rappeurs, d'Ice Cube à Snoop Dogg, en passant par 2Pac, Q-Tip, Tone Loc, André 3000 ou Busta Rhymes.

Il était également connu pour avoir réalisé des clips célèbres, comme celui de Remember The Time de Michael Jackson.

Les hommages de la "nouvelle vague afro-américaine"

"Repose en paix, John Singleton, tellement triste d'apprendre la nouvelle", a réagi le réalisateur américain Jordan Peele sur Twitter. "John était un artiste courageux et une véritable inspiration. Sa vision a tout changé."

"Tu vas nous manquer", a écrit sur Instagram le réalisateur Spike Lee, l'autre figure incontournable de cette nouvelle vague afro-américaine du tournant des années 90, qui a salué sa "passion" et son "coeur".

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We’ll Miss You But Your Films Will Live On.

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Depuis leur première rencontre, alors que Singleton était étudiant en cinéma à l'université californienne de USC, les deux hommes étaient restés proches, a rappelé Spike Lee, "nous encourageant l'un l'autre dans une industrie où nous n'étions pas censés réussir".


Les réalisateurs John Carpenter et Ron Howard ont salué son talent, ce dernier soulignant que "ses créations et sa voix de narrateur vont nous manquer". "Il a tracé la voie à tellement de jeunes metteurs en scène, restant toujours fidèle à ce qu'il était et à d'où il venait", a relevé l'acteur Samuel L. Jackson.