"On grandissait sur les plateaux", se confie la fille de Jean-Pierre Mocky

Olivia Mokiejewski s'est exprimée sur franceinfo au lendemain de la mort de son père.

Jean-Pierre Mocky lors d\'un tournage d\'un de ses films en 2016. 
Jean-Pierre Mocky lors d'un tournage d'un de ses films en 2016.  (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Alors que Jean-Pierre Mocky est décédé jeudi 8 août à 86 ans, après une carrière riche de 60 longs métrages, sa fille Olivia Mokiejewski, journaliste, s'est confiée vendredi sur franceinfo. Elle a évoqué ce père avec qui elle a grandi sur les plateaux de cinéma. "Ce n'était pas un père qui m'emmenait faire du vélo", se souvient celle qui garde également en mémoire l'image d'un homme "très pudique, qui ne se prenait pas vraiment au sérieux et surtout qui aimait beaucoup rire".

franceinfo : Que faudra-t-il retenir de la carrière de votre père ?

Olivia Mokiejewski : Son côté indomptable, insoumis, rebelle, libre, un homme qui disait et qui pensait tout ce qu'il filmait. Chacun de ses films était un coup de gueule, un regard sur la société assez critique et cynique mais toujours sincère. Il ne voulait surtout pas faire des films académiques, classiques, avec de belles lumières, des gens très bien maquillés, très beaux. Il voulait vraiment faire un cinéma intelligent et populaire à la fois, fait avec trois bouts de ficelles. Il disait toujours qu'il était artisan. Il faisait du cinéma comme on fait un gâteau. Ce qui l'intéressait surtout, c'était le message qu'il délivrait.

Quel père était-il pour vous ?

C'était quelqu'un de très attachant. J'ai toujours vu le cinéaste en lui. C'était un personnage où chaque conversation était enrichissante. On parlait essentiellement de cinéma et de la société. Ce n'était pas un père qui m'emmenait faire du vélo. On grandissait sur les plateaux. Sa passion, c'était sa vie. C'était quelqu'un de très gentil et de très attachant, et ce malgré les coups de gueule. Il était aussi très pudique, il ne se prenait pas vraiment au sérieux et surtout il aimait beaucoup rire.

Jean-Pierre Mocky avait une image de loup solitaire. Est-ce que cela correspondait à la réalité ?

Pas vraiment. Il se disait solitaire. Il s'en plaignait parfois. Mais en réalité il était très entouré. Quand il faisait un film, beaucoup d'acteurs voulaient tourner avec lui. Il était toujours très étonné que de grands acteurs veuillent tourner avec lui. C'était sa fierté. Et puis il était tellement attachant qu'il avait beaucoup de gens autour de lui. Il n'avait pas une grande confiance en lui, alors il se sentait un peu différent, à la marge, comme n'appartenant pas à cette grande famille du cinéma que l'on voit à Cannes ou aux Césars. Même si je pense qu'il en faisait partie de cette famille, car c'était selon moi l'un des très grands messieurs du cinéma.

Qu'en est-il de ses derniers projets de cinéma ?

Il a terminé le tournage de son dernier film il y a un mois et demi. Le film est en montage actuellement. Il s'appelle Tous flics et mon père a le rôle principal. En septembre il devait commencer un film avec Gérard Depardieu. Il avait également pour projet de tourner avec Isabelle Huppert. Bref, il ne parlait que de ça. Il était malade et il disait qu'il fallait absolument qu'il guérisse pour tourner.

Jean-Pierre Mocky par sa fille
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