A Deauville, Maïwen présente "ADN", un film entre rires et larmes sur le deuil et la quête identitaire

La force du nouveau long-métrage de Maïwenn tient notamment à son mélange de gravité et de légèreté et à l'improvisation qu'a imposée la réalisatrice pendant le tournage.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Fanny Ardant, Louis Garrel et Maïwen dans le film "ADN" de Maïwen. (LE PACTE)

La cinéaste Maïwen a présenté samedi à Deauville ADN, un film avec Fanny Ardant et Louis Garrel, sur le deuil et la quête identitaire, un hommage aux grand-parents qui sauvent des parents toxiques.

"C'est un hymne à la parentalité des grands-parents, à leur responsabilité, aux familles populaires", a expliqué samedi la cinéaste qui joue le rôle titre. "C'est un film sur les enfants d'immigrés, la quête identitaire, le deuil, comment renaître après la mort" d'un proche", a-t-elle ajouté.

Ovationné à Deauville

Sélectionné à Cannes mais projeté en avant-première mondiale vendredi soir au festival du cinéma américain de Deauville, ADN, attendu en salles le 28 octobre, a été ovationné par le public.

La famille de Neige (Maïwen), divorcée et trois enfants, est réunie autour d'Emir son grand-père adoré, algérien, dans une maison de retraite parmi de pétillants pensionnaires. Mais le nonagénaire, qui l'a élevée, a 93 ans et il meurt parmi ses livres sur la guerre d'Algérie et les souvenirs de son engagement communiste.

Le chagrin commun n'empêche pas les tensions de refaire surface au sein de cette famille marquée par une mère "toxique" (Fanny Ardant) et un père (le metteur en scène Alain Françon) "castrateur".

Entre gravité et légèreté

Une des forces du film est de mêler gravité et légèreté. On rit des débats autour du choix du cercueil (carton, pin ou chêne) puis quand les vis qui s'enfoncent dans le cercueil grincent. Chacun défend sa vision du défunt, la mère empêche sa fille de prendre la parole aux funérailles, la cingle de "faut pas que tu te reposes" mais François, l'ex de Neige, oxygène l'atmosphère avec son humour dans un duo rafraîchissant entre Maïwen et Louis Garrel. "C'est ma muse", dit de lui la cinéaste.

Durant les obsèques, des éclats de rire émergent au milieu des larmes lorsque, à la demande d'une tante de Neige, est diffusée une chanson de Céline Dion, Je voudrais parler à mon père. "On a tous piqué des fous-rires pendant les enterrements", commente Maïwen.

Surtout, Neige se lance dans une quête effrénée de son identité, de ses origines algériennes, dont l'aboutissement lui permettra de sublimer son chagrin, de se libérer du venin parental.

Un film né après la mort du grand-père algérien de Maïwen

L'idée d'ADN a pris forme "une fois réglée mon obsession de quête d'identité" qui a suivi la mort de son grand-père "il y a trois ans", a expliqué samedi la réalisatrice lors d'une conférence de presse. "J'ai étudié mes origines, d'où je venais, ce que représentait l'Algérie pour moi, de façon boulimique (...) au point de ne pas en dormir la nuit", a-t-elle précisé.

Pour l'actrice "dévastée" juste après le décès, il s'agissait avec ce film "contre le racisme et pour les immigrés" de "sublimer une espèce de matière de ma vie". Le scénario a été coécrit avec Mathieu Demy, qui venait de perdre sa mère Agnès Varda.

La vitalité du film tient aussi au rôle clé de l'improvisation pendant le tournage. La cinéaste a laissé tourner la caméra pour "voler l'intimité" des acteurs, un "vol consenti" qui donne l'impression d'une spontanéité étonnante, en particulier dans les scènes de groupe.

Le scénario ne tenait que sur 40 pages. "Il fallait improviser tout le temps. On sort des canons dramaturgiques et ça donne un film très libre, très original", a expliqué Louis Garrel interrogé vendredi sur le tapis rouge où Maïwen l'accompagnait, habillée d'une robe blanche comme neige.

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