L'étoile de Cannes (6/14). "Les éternels", une histoire d'amour dans la pègre chinoise

Le film du réalisateur chinois Jia Zhang-Ke se déroule dans une Chine en pleine mutation.

Zhao Tao dans \"Les Eternels\" de Jia Zhang-ke
Zhao Tao dans "Les Eternels" de Jia Zhang-ke (AD VITAM)

Le film Les éternels de Jia Zhang-Ke était présenté en compétition officielle vendredi 11 mai au Festival de Cannes. Un long-métrage de 2h21 narrant l'histoire de Qiao qui intègre la pègre chinoise, dans une petite ville minière. Elle y apporte une touche de féminité dans un univers très masculin, fait de joueurs et buveurs invétérés. Avec son compagnon Bin, petit chef de bande, ils sont de plus en plus concurrencés par d'autres petites frappes, plus violentes. Un jour, Bin est attaqué par des concurrents. Qiao le défend mais elle finit en prison où elle purge une peine de cinq ans. À sa sortie, elle n'a aucune nouvelle de la mafia, aucune nouvelle de son homme. Elle traverse la Chine, donnant un côté western au film Les éternels.

Zhao Tao magistrale 

Les éternels n'est pas le meilleur film de Jia Zhang-Ke. Le réalisateur chinois avait impressionné avec Au-delà des montagnes, sorti en 2015. Il racontait l'histoire d'un enfant prénommé Dollar, métaphore implacable sur l'avidité dans la Chine ouverte au monde capitaliste. Dans Les éternels, Jia Zhang-Ke mène deux récits : celui de ses personnages et celui de son pays, en perpétuelle mutation.

Le film est surtout porté par Zhao Tao, qui interprète Qiao. Cette immense actrice n'est autre que la femme de Jia Zangh-Ke qui, de film en film, la sublime à l'écran. Son personnage traverse une quinzaine d'années, elle évolue de l'innocence du début à la gravité, les épreuves marquent son visage, elle dégage une dignité tout en retenue et prend toute la place dans ce film. Est-ce un hasard ? Alors que dans le débat sur la place des femmes dans le cinéma se pose aussi la question des rôles, depuis le début de la compétition, Joana Kulig dans le Pawlikowski, Irina Starshenbaum dans le Serebrennikov et Zhao Tao dans le Jia Zangh Ke, ont beaucoup ému et ce n'est pas fini.