Festival de Cannes : quatre éléments qui montrent que Cate Blanchett est une actrice engagée pour les droits des femmes

L'Australienne présidera le jury du 71e festival de Cannes, en mai, devenant la 12e femme à assumer cette fonction. Franceinfo revient sur quatre faits qui montrent son engagement féministe.

L\'actrice Cate Blanchett à la première du film \"Thor : Ragnarok\", à Hollywood (Californie, Etats-Unis), le 10 octobre 2017.
L'actrice Cate Blanchett à la première du film "Thor : Ragnarok", à Hollywood (Californie, Etats-Unis), le 10 octobre 2017. (RICH POLK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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Marie-Violette BernardFrance Télévisions

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Elle sera "une présidente engagée". Les organisateurs du festival de Cannes ont annoncé, jeudi 4 janvier, que Cate Blanchett sera à la tête du jury de la 71e édition, qui aura lieu du 8 au 19 mai. L'actrice australienne, 12e femme à endosser cette fonction, est une figure de proue de la lutte contre le harcèlement sexuel et le sexisme à Hollywood. Franceinfo revient sur son engagement féministe.

Elle critique le sexisme à Hollywood

Au fil de sa carrière, Cate Blanchett a dénoncé à de nombreuses reprises le sexisme de l'industrie du cinéma. Lorsqu'un cameraman filme sa tenue de la tête aux pieds, sur le tapis rouge des Screen Actors Guild Awards 2014, elle s'agace.  "Vous faites aussi ça avec les hommes ?" s'interroge l'actrice, citée par le Chicago Tribune (en anglais). Plus tard dans la soirée, elle reçoit le prix de la meilleure actrice pour son rôle dans Blue Jasmine de Woody Allen. Une fois sur scène, elle constate qu'elle dispose de moins de temps que Matthew McConaughey pour prononcer son discours de remerciements, rapporte Buzzfeed (en anglais)"Vingt-neuf secondes ? Matthew McConaughey a parlé de Neptune, alors je crois que je peux avoir cinq secondes [pour parler]", raille-t-elle alors, sous les applaudissements de la salle.

L'actrice critique une nouvelle fois le sexisme à Hollywood au moment de recevoir l'Oscar de la meilleure actrice pour ce même Blue Jasmine, huit mois plus tard. Elle s'adresse alors à "ceux qui continuent de croire bêtement que les films féminins, qui mettent les femmes sur le devant de la scène, sont une expérience de niche",  rapporte le Huffington Post (en anglais). "Ce n'est pas le cas : le public veut voir ces films et ils rapportent de l'argent", martèle-t-elle alors.

En 2015, Cate Blanchett montrait une certaine impatience à voir Hollywood évoluer. "J'ai l'impression que l'industrie a la même conversation chaque année, expliquait-elle dans un entretien au magazine GQ (en anglais)C'est une conversation géniale. Mais on se retrouvera à nouveau ici l'année prochaine, comme dans Un jour sans fin, à avoir exactement le même putain de symposium [sur la lutte contre le sexisme dans le cinéma]. Il faut juste que ca change."

Elle milite pour l'égalité femmes-hommes

L'un des plus fervents combats de Cate Blanchett porte sur les écarts salariaux considérables entre les actrices et les acteurs. "Le problème de l’égalité entre les sexes ne sera vraiment résolu que lorsque l’égalité salariale sera acquise. Ce qui n’est toujours pas le cas", déclarait-t-elle dans un entretien au Figaro, en novembre 2017.

L'Australienne estime en outre que l'égalité femmes-hommes progressera "lorsque les femmes cesseront de dire qu’elles peuvent tout assumer". "Lorsqu’on me demande comment j’arrive à tout faire, je réponds : 'Mais je n’y arrive pas !' Personne n’y arrive, assure-t-elle au Figaro. Tout le monde se plante avec ses enfants ou son job ou son couple. Pourquoi prétendre le contraire ?"

En 2014, elle s'agaçait déjà de voir les journalistes demander aux femmes comment elles menaient une carrière tout en ayant des enfants, selon IndieWire (en anglais)"C'est une question qu'on ne pose jamais aux hommes, remarquait-elle. C'est toujours aux femmes qu'on demande : 'Comment trouvez-vous l'équilibre ? Comment arrivez-vous à tout faire ?'"

Elle a été parmi les premières à dénoncer le comportement d'Harvey Weinstein

Cate Blanchett a collaboré avec le producteur Harvey Weinstein sur les tournages des films Carol et Aviator, pour lequel elle a obtenu l'Oscar du meilleur second rôle féminin en 2005. Elle a néanmoins été l'une des premières célébrités à prendre ouvertement position contre le magnat d'Hollywood, accusé depuis le 5 octobre d'agression et de harcèlement sexuels par plus d'une centaine de femmes.

"Tout homme qui se trouve dans une position d'autorité ou de pouvoir et pense avoir le droit de harceler, menacer ou agresser sexuellement des femmes qu'il rencontre, ou avec lesquelles il travaille, doit rendre des comptes, a asséné l'Australienne dans Variety (en anglais), cinq jours après les premières révélations. Ce n'est jamais facile pour une femme de se dévoiler dans de telles situations et je soutiens de tout cœur celles qui l'ont fait."

Cate Blanchett a enfoncé le clou lors de la cérémonie des InStyle Awards à Los Angeles (Californie), le 23 octobre 2017. "Nous aimons toutes être sexy, mais ça ne veut pas dire que nous voulons baiser avec vous", a-t-elle lancé en visant, sans le nommer, Harvey Weinstein.  

Elle a lancé une fondation pour aider les victimes de harcèlement sexuel

L'engagement de Cate Blanchett ne se limite pas aux déclarations chocs. Elle a lancé, lundi 1er janvier, une fondation pour lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles. Le projet Time's Up ("c'est fini", en anglais) réunit 300 actrices, scénaristes ou encore productrices, dont Natalie Portman, Meryl Streep et Reese Witherspoon. L'organisation vise à promouvoir plus de parité dans les studios et les agences de casting, mais aussi à aider soutenir les femmes et les hommes qui subissent du harcèlement sexuel dans des secteurs moins médiatisés (usines, restaurants, hôtels, hôpitaux ou aide à domicile).

Elle disposera en outre d'un fonds d’assistance juridique, pour permettre aux victimes de se payer un avocat. Time’s Up a déjà réuni plus de 13 des 15 millions de dollars qui devaient être récoltés pour cette mission. La fondation compte également mener une campagne contre l'achat du silence des personnes agressées, grâce à des accords de non-divulgation passés entre l’agresseur et sa victime.