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Festival de Cannes : Palme d'or pour Justine Triet, Tran Anh Hùng et Jonathan Glazer honorés... Ce qu'il faut retenir du palmarès de la 76e édition

Avec la Palme d'or pour "Anatomie d'une chute", Justine Triet est devenue la troisième réalisatrice à remporter le prestigieux prix, après Jane Campion en 1993 et Julia Ducournau en 2021.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Temps de lecture : 6 min
La réalisatrice française Justine Triet, lauréate de la Palme d'or de la 76e édition du Festival de Cannes avec son film "Anatomie d'une chute", le 27 mai 2023. (VALERY HACHE / AFP)

Fondu au noir pour la 76e édition du Festival de Cannes. La réalisatrice française Justine Triet a reçu la Palme d'or pour son film Anatomie d'une chute des mains de l'actrice américaine Jane Fonda, samedi 27 mai, lors de la cérémonie de clôture. Le jury composé de huit personnalités du septième art (Maryam Touzani, Rungano Nyoni, Julia Ducournau, Paul Dano, Denis Ménochet, Brie Larson, Atiq Rahimi et Damian Szifron) et présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund a également récompensé le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hùng avec le Prix de la mise en scène pour son film La Passion de Dodin Bouffant. Alors que la quinzaine se termine sur la projection hors compétition du dernier film des studios Pixar, Elémentaire, de Peter Sohn, franceinfo vous résume ce qu'il faut retenir de cette cérémonie de clôture.

>> Un certain regard, Œil d'or, Queer Palm…  Toutes les récompenses dans les compétitions parallèles

"Anatomie d'une chute", dixième Palme d'or pour la France 

C'est la Française Justine Triet pour Anatomie d'une chute qui a remporté la Palme d'or. Ce "grand film procès", selon la critique de franceinfo, raconte l'histoire de Sandra, interprétée par l'Allemande Sandra Hüller, accusée du meurtre de son mari. La cinéaste de 44 ans devient la troisième femme à soulever le prestigieux trophée après Jane Campion (La Leçon de piano, 1993) et Julia Ducournau (Titane, 2021). Anatomie d'une chute est également le dixième film français sacré sur la Croisette depuis 1946.

La réalisatrice, qui avait d'abord pensé ce projet comme une série, a réalisé son long-métrage "le plus intime", selon elle. Emue et surprise, celle qui pensait ne rien obtenir à Cannes a terminé son discours de remerciements sur une diatribe politique. "Cette année a été traversée par une contestation historique, extrêmement puissante et unanime de la réforme des retraites. Cette contestation a été niée et réprimée de façon choquante", a-t-elle déclaré, dénonçant "un pouvoir dominateur de plus en plus décomplexé". Elle a également tenu à défendre l'exception culturelle française, "sans qui [elle] ne serai[t] pas là", et qui est en danger, selon elle, en raison de "la marchandisation de la culture que le gouvernement néolibéral défend".

"The Zone of Interest" lauréat du Grand prix

Le Grand Prix est revenu au cinéaste britannique Jonathan Glazer pour son film The Zone of Interest qui suit l'histoire de Rudolf Höss, un commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau, et de sa famille, habitant tout près de ce lieu d'extermination. Le prix a été remis par les réalisateurs Roger Corman et Quentin Tarantino, longuement applaudis. The Zone of Interest était le film le plus radical de la compétition : en laissant le camp de la mort hors champ, il dénonce la capacité des êtres humains à continuer de vivre nonchalamment tout en côtoyant l'horreur.

Nouvelle récompense pour Aki Kaurismäki avec le Prix du Jury pour "Les Feuilles mortes"

Le Prix du jury a été remis au réalisateur finlandais Aki Kaurismäki, pour son film Les Feuilles mortes. Absent de la cérémonie, le cinéaste avait déjà reçu le Grand Prix pour L'Homme sans passé en 2002. Son film raconte l'histoire d'amour entre Ansa (Alma Pöysti), caissière, et Holappa (Jussi Vatanen), métallurgiste, qui se rencontrent une nuit à Helsinki, tous deux en quête d'amour. Elle lui donne son numéro de téléphone, mais il le perd, sans rien savoir d'elle, mais amoureux.

Prix de la mise en scène pour le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hùng

C'est le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hùng qui a reçu le Prix de la mise en scène pour La Passion de Dodin Bouffant. Le long-métrage, qui adapte le roman de Marcel Rouff La Vie et la passion de Dodin-Bouffant (Editions du Serpent à plumes), se plonge dans la gastronomie française du XIXe siècle avec le duo français Benoît Magimel et Juliette Binoche. Le cinéaste avait déjà abordé la cuisine dans L'Odeur de la papaye verte, qui avait remporté à Cannes la Caméra d'or et le Prix de la jeunesse à Un certain regard en 1993.

"Monster", Prix du scénario et Queer Palm

Des mains de l'acteur américain John C. Reilly, qui a réalisé un petit numéro muet pour illustrer ce que peut être un "film sans scénario", Sakomoto Yugi a reçu le prix du meilleur scénario pour Monster, du Japonais Hirokazu Kore-Eda. Le long-métrage avait déjà reçu la Queer Palm, prix alternatif qui récompense les films abordant des thématiques LGBT et féministes. Evoquant tour à tour la famille, le poids des institutions et la relation d'amitié ambiguë entre deux jeunes élèves, le cinéaste a mis en images ce qu'il ressentait lui-même vis-à-vis de ses enfants. "En tant que père, j'observe qu'il y a un moment où l'enfant dépasse ce que l'on avait imaginé pour lui. Il nous échappe et ce n'est pas forcément négatif. C'est ce qui lui permet de quitter le nid et de devenir adulte", a-t-il expliqué à franceinfo. 

Koji Yakusho, Prix d'interprétation masculine

Le Prix d'interprétation masculine a été remporté par Koji Yakusho, l'acteur du film de Wim Wenders, Perfect Days"Je veux particulièrement remercier Wim Wenders et son coscénariste (...). Vous avez créé un personnage magnifique", a-t-il dit, ému, sur scène. Dans ce film du réalisateur de Paris, Texas (Palme d'or en 1984), il incarne Hirayama, un salarié des toilettes publiques de Tokyo, taiseux et solitaire, qui va peu à peu s'ouvrir aux autres. 

Merve Dizdar, Prix d'interprétation féminine

L'actrice turque Merve Dizdar a reçu le Prix d'interprétation féminine pour son rôle dans Les Herbes sèches, de Nuri Bilge-Ceylan. "J'aimerais dédier ce prix à toutes les femmes qui mènent une lutte pour surmonter les difficultés à exister dans ce monde et garder l'espoir", a déclaré l'actrice, qui interprète une femme qui s'éprend d'un enseignant dans une province reculée de Turquie. Elle est la première actrice turque à être sacrée. 

Prix de la Caméra d'or

Anaïs Demoustier a détendu l'atmosphère en "faisant une Spike Lee" et en bafouillant au moment d'annoncer le lauréat de la Caméra d'or – et non la Palme d'or comme elle l'a d'abord déclaré – qui récompense les premiers longs-métrages projetés durant la quinzaine. Le prix est revenu à L'Arbre aux papillons d'or, du réalisateur vietnamien Pham Thien An, 34 ans, qui avait fait forte impression lors de sa projection.

Palme d'or des courts-métrages

La Palme d'or des courts-métrages a été attribuée à 27 de Flora Ana Buda. La réalisatrice hongroise a eu un mot pour le festival de court-métrage de Clermont-Ferrand, dont la subvention a été réduite l'année prochaine, après le vote de la région Auvergne-Rhône-Alpes, présidée par le Républicain Laurent Wauquiez. Une mention spéciale a aussi été décernée à Fár de Gunnur Martinsdottir Schlüter

Le palmarès complet de la sélection officielle

Palme d'or : Anatomie d'une chute, de Justine Triet

Grand prix : The Zone of Interest, de Jonathan Glazer

Prix du jury : Les Feuilles mortes, d'Aki Kaurismäki

Prix de la mise en scène : Tran Anh Hung (La Passion de Dodin Bouffant)

Prix du scénario : Sakomoto Yugi (Monster)

Prix d'interprétation masculine : Koji Yakusho (Perfect Days)

Prix d'interprétation féminine : Merve Dizdar (Les Herbes sèches)

Caméra d'or : L'Arbre aux papillons d'or, de Pham Thien An

Palme d'or des courts-métrages : 27, de Flora Ana Buda, mention spéciale pour Fár de Gunnur Martinsdottir Schlüter

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