Festival de Cannes : des représentants du cinéma ukrainien demandent une exclusion totale des Russes

Des personnalités ukrainiennes ont demandé jeudi à Cannes l'exclusion totale des films russes à l'international, y compris ceux de Kirill Serebrennikov, au lendemain de l'ouverture par ce dernier, en rupture avec le régime, de la compétition.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Plus tôt dans l'après-midi et accompagné de ses acteurs, le réalisateur russe Kirill Serebrennikov faisait sobrement ses premiers pas sur le tapis rouge pour la projection de "La femme de Tchaïkovski". (De gauche à droite : le producteur Ilya Stewart, l'artiste russe Oxxxymiron Miron Fedorov, l'acteur russe Filipp Avdeev, l'acteur américano-russe Odin Biron, le réalisateur russe Kirill Serebrennikov, l'actrice russe Alyona Mikhailova et l'acteur russe Vladimir Mishukov). (ANTONIN THUILLIER / AFP)

A Cannes, plusieurs représentants du cinéma ukrainien ont demandé l'exclusion des films russes des compétitions internationales. "Nous pensons vraiment que tout ce qui est russe doit être effacé", a indiqué Andrew Fesiak, producteur ukrainien de films, lors d'une conférence sur la "propagande russe", hébergée par le pavillon américain au Marché du film.

"Les cinéastes russes ne peuvent pas prétendre que tout va bien et qu'ils n'ont rien à se reprocher", a-t-il affirmé, "au moment où les cinéastes ukrainiens sont forcés d'arrêter de faire des films parce qu'ils doivent, ou fuir pour sauver leur vie, ou prendre les armes". Au sujet de la présence en compétition du film La femme de Tchaïkovski, il a estimé que son réalisateur "Serebrennikov n'est pas un opposant, pas du tout", rappelant que "toute sa carrière a été financée par l'argent du gouvernement russe".

Accueillir les dissidents

Le festival de Cannes a décidé de ne pas accueillir de représentation officielle russe, ni de Russes qui défendent la ligne du Kremlin au sujet de l'Ukraine. Mais, sur la même ligne que les autres grands évènements culturels mondiaux, son délégué général Thierry Frémaux a défendu lundi devant les journalistes l'idée d'accueillir des dissidents russes: "il y a des Russes artistes, journalistes, qui ont quitté la Russie. Kirill Serebrennikov est un homme qui a considéré que s'il ne quittait pas la Russie, il se rendait complice de cette guerre".

Egalement metteur en scène, Serebrennikov est désormais installé à Berlin. Il avait affirmé fin avril avoir quitté sa Russie natale pour une question de "conscience". Thierry Frémaux avait précisé lundi que l'idée d'un "boycott total" avait été demandée "non pas par les autorités ukrainiennes mais par des ultras, des gens qui sont très radicaux". "C'est une position que je peux comprendre (...) parce que ce sont des gens qui sont sous les bombes", avait-il reconnu.

Andriy Khalpakhchi, directeur du Festival international du film de Kiev Molodist, a répondu jeudi que selon lui, il n'existe pas de "bons Russes" en ce moment. Pour lui, Kirill Serebrennikov "aurait dû prendre la décision de lui-même de ne pas participer au Festival de Cannes".

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