Festival de Cannes 2021 : une sélection officielle internationale et ancrée dans le réel

Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, a dévoilé, au côté du président Pierre Lescure, la 74e sélection officielle.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le directeur et le président du Festival de Cannes, Thierry Fremaux et Pierre Lescure, le 3 juin lors de la présentation de la sélection officielle 2021. (PASCAL LE SEGRETAIN / GETTY IMAGES EUROPE)

Reporté l’an dernier, le 74e Festival du film international de Cannes aura bien lieu du 6 au 17 juillet. Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, a dévoilé, au côté du président Pierre Lescure, les 24 films de la sélection officielle, orientée cette année vers des films aux sujets sociaux et sociétaux. La sélection s'élargit également avec la présence de quatre réalisatrices.

Les films les plus attendus demeurent ceux qui sont restés dans les cartons un an avant cette 74e édition : Annette de Léos Carax, qui fera l’ouverture, Benedetta de Paul Verhoven et The French Dispatch de Wes Anderson.

Dominance française

La tendance de la sélection officielle s’oriente vers un cinéma d’auteur exigeant dont les sujets sociaux et sociétaux ont une dimension universelle. Thierry Frémaux a aussi annoncé "des films de confinement où apparaissent des acteurs masqués", mais sans les nommer.

La France domine avec sept films, dont le nouveau long métrage de Jacques Audiard, Olympiades, qui tire son titre de ce quartier en fin de ligne de métro du XIIIe arrondissement de Paris, à la population à dominante asiatique. Il poursuit ainsi la thématique de Dheepan, Palme d’or 2015, sur l’insertion impossible d’un ressortissant sri lankais dans une cité de banlieue.

France voit le retour de Bruno Dumont en compétition et un sujet que l’on n’attendait pas de sa part. Avec Léa Seydoux, Benjamin Biolay et Blanche Gardin, le film a pour sujet le système médiatique à travers l'histoire d'une journaliste star de télévision, dénommée France. La Fracture de Catherine Corsini, avec Valeria Bruni-Tedeschi et Marina Foïs, abordera, elle, la France des Gilets jaunes. 

Nouvelle sélection pour  François Ozon, avec Tout s'est bien passé, où il filme pour la première fois Sophie Marceau, dans un récit sur la fin de vie et l'euthanasie.

Sujets nationaux à dimension internationale

Le retour de Sean Penn comme réalisateur est également attendu, avec Flag Day, où il joue un père menant une double vie. Du Tchad, arrive Lingui de Mahamat-Saleh Haroun, qui traite d’une adolescente enceinte à N'Djamena et du tabou de l'avortement. Les aspirations de la jeunesse marocaine sont aussi à l’honneur de Haut et fort de Nabil Ayouch, le réalisateur de Much Loved.

L’on attendra aussi avec impatience le nouveau film du réalisateur maintenu à résidence en Russie Kirill Serebrennikov (Leto) : Petrov's Flu sur une famille dysfonctionnelle qui se retrouve coincée à huis clos après avoir contracté la même grippe. Un film qui fait à priori écho à l’actuelle pandémie.

Les autres sections

Thierry Frémaux a insisté sur la vocation première de la section Un certain regard, instaurée par Gilles Jacob vouée à des premiers ou seconds films. "Un retour au jeune cinéma d’auteur et de recherche", selon le délégué général du Festival. De nouveaux cinéastes sont donc attendus pour un renouvellement qui revient aux sources. Une ouverture très large à l’international caractérise la sélection, avec des films en provenance de Chine, Russie, Bulgarie, Mexique, Israël, ou du Bengladesh.

Les films hors compétition sont moins spectaculaires que les années précédentes. Pas de blockbusters comme séance de "repos" pour les festivaliers. Donc pas de James Bond, ni de Marvel ou de Dune de Denis Villeneuve. Un "film surprise" de clôture est toutefois attendu. On remarquera particulièrement Val, film sur le combat de l’acteur Val Kilmer contre la maladie. Également en provenance de l’autre côté de l’Atlantique, Oliver Stone viendra avec un documentaire sur JFK, suite à la découverte de nouveaux éléments sur l’assassinat du président américain.

Mais c’est certainement le premier film documentaire de Charlotte Gainsbourg, Jane par Charlotte, sur ses relations avec sa mère, qui fera l'événement. Autre chanteuse au programme, Céline Dion, dont le faux biopic de Valérie Lemercier, Aline, trouvera enfin une exposition méritée, après ses multiples reports de sortie. Dans la même situation, le formidable polar Bac Nord de Cédric Jimenez, avec un Gilles Lellouche époustouflant.

"Cannes sera le premier grand événement mondial après cette catastrophe, qui n'est pas terminée" a prudemment lancé Thierry Frémaux, non moins enthousiaste de retrouver la Croisette.

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