Festival de Cannes 2021 : "Julie (en 12 chapitres)", portrait de femme en quête de sens par le réalisateur d'"Oslo, 31 août"

Révélé avec son deuxième long métrage, Joachim Trier s'est imposé depuis comme le chef de file d'un nouveau cinéma norvégien.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Renate Reinsve dans "Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier (2021). (OSLO PICTURES)

Multirécompensé dans les festivals internationaux, c’est la troisième fois que Joachim Trier est à Cannes. Il présente en compétition Julie (en 12 chapitres), après Back Home en 2015 qui n’avait pas enthousiasmé le Festival. Son nouveau film dresse le portrait audacieux d’une femme contemporaine et indépendante, où le drame le dispute à la comédie.

Anima et Animus

La trentaine, Julie n’a jamais trouvé sa vocation, hormis celle de s’investir à corps perdu dans toutes celles qui lui passent par la tête : chirurgienne, puis psychologue, et enfin photographe. Elle se stabilise en rencontrant Axel, 45 ans, célèbre auteur de bande dessinée, avec lequel elle emménage. Elle le quitte toutefois au bout de 10 ans, quand elle croise Evind qui a son âge. Mais est-ce le bon numéro ?...

Renate Reinsve et Anders Danielsen Lie dans "Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier (2021). (OSLO PICTURES)

Selon le psychiatre Carl Jung, l’homme est habité par l’Anima, sa représentation intérieure féminine, et la femme par l’Animus, sa représentation intérieure masculine. Le premier correspondrait à la quête d’un être unique, alors que le second tendrait à multiplier les expériences. Dans le film de Joachim Trier Julie correspond à cette approche, en passant d’un homme à l’autre, alors que ses amants ne désirent qu’à trouver l’âme sœur.

Une vérité intime

Si Julie peut paraître indécise, tant dans sa vocation professionnelle que sa quête de l’être aimé, elle est plus une femme qui cherche qu’une femme indécise. Elle est en cela indépendante, habitée d’un doute kantien, non inhibiteur mais dynamique, celui d’une remise en question permanente des convictions, pour atteindre une vérité intime. Ce portrait psychologique n’a rien d’élitiste et ne nécessite pas d’être un féru en psychologie pour s’y reconnaître.

Joachim Trier adhère à l’art de la comédie dramatique et romantique, en usant d’un humour où se mélangent habilement le comique de situation et des dialogues ciselés. S’il touche juste, c’est que tout un chacun se reconnaît dans les personnages et leurs actes : la clé d’une comédie réussie.

Pour parvenir à cet achèvement, il faut du rythme, des relances et une évolution des rôles, afin de lier une dramaturgie accomplie. C’est le cas dans Julie (en 12 chapitres) qui convainc aussi par l’interprétation de Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie et Herbert Nordrum, alors que la mise en scène est pleine de charme. Mais de là à prétendre au palmarès, c’est une autre affaire, ce que confirme le peu de commentaires que le film suscite auprès des festivaliers.

Renate Reinsve et Herbert Nordrum dans "Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier (2021). (OSLO PICTURES)

La fiche

Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Joachim Trier
Acteurs : Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum
Pays : Norvège / France / Danemark/ Suède / Etats-Unis
Durée : 2h01
Sortie : 13 octobre 2021
Distributeur : Memento Distribution

Synopsis : Julie, bientôt 30 ans, n’arrive pas à se fixer dans la vie. Alors qu’elle pense avoir trouvé une certaine stabilité auprès d’Aksel, 45 ans, auteur à succès, elle rencontre le jeune et séduisant Eivind.

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