Festival de Cannes 2021 : "C'est ici que sont nés tous ces films et ces metteurs en scène qui ont changé ma vie", confie l'actrice Jodie Foster après sa Palme d'or d'honneur

Rencontre avec l'actrice américaine qui décrit le lien affectif et très fort qu'elle conserve avec le rendez-vous cannois du cinéma.

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Radio France
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Jodie Foster lors de la cérémonie d'ouverture de la 74e édition du Festival de Cannes, le 6 juillet 2021. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Jodie Foster sera à l'affiche du film Désigné Coupable, en salles le 14 Juillet, dont franceinfo est partenaire. Alors que l'actrice et réalisatrice américaine vient de recevoir une Palme d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, elle évoque jeudi 8 juillet le rapport particulier qu'elle entretient avec le Festival de Cannes. Une histoire à part puisqu'elle est venue pour la première fois sur la croisette il y a près de 50 ans pour le film Taxi Driver.

franceinfo: Que représente le Festival de Cannes pour vous ? 

Jodie Foster : Avec le Festival, il y a tellement de nostalgie, tellement de souvenirs, je n'arrête pas de penser à ma mère. Je me souviens de la première fois où on est venues. J'avais 13 ans et elle était tellement heureuse, tellement contente d'être à cet endroit. C'est quelqu'un qui n'avait jamais voyagé jusqu'à l'âge de 50 ans et le premier endroit où elle est venue, c'était la France. Elle a dit : "Ça, c'est pour moi, c'est l'amour. C'est le coup de foudre. On va déménager ici. Tu vas parler français, tu vas faire les films français." Elle a pris une robe de chambre où il était écrit Majestic et un cendrier pour les rapporter à la maison. C'était le top pour elle. Cette Palme d'or d'honneur, ça aurait été vraiment un grand moment pour elle.

C'était en 1976 pour Taxi Driver de Martin Scorsese. Vous aviez 13 ans. Sur une photo iconique, on vous voit assise sur une chaise devant le public et des photographes. Vous avez l'air déjà très mature et aussi de vous amuser à l'époque. Cela reste votre meilleur souvenir cannois ?

Les photographes ? Non, ça ce n'était pas mon meilleur souvenir ! Un enfant, même un adulte, parmi un nuage de photographes qui disent votre nom, c'est un peu déstabilisant. Ce n'est définitivement pas mon meilleur souvenir mais ça fait partie de l'excitation, de la stimulation. Le Festival de Cannes, pour moi, c'est le lieu où sont nés tous ces films et tous ces metteurs en scène, les maîtres, tous ceux qui ont changé ma vie. 

Quand on reçoit un prix pour sa carrière, ça oblige à faire un bilan. C'est quelque chose que vous faites en temps normal ou pas ?

Je n'y pense pas beaucoup normalement, mais lorsque vous voyez le trailer, la bande annonce, là vous réalisez : oh là là ! j'en ai fait des choses ! Et c'est un très bon feeling.

Le premier rôle auquel vous êtes souvent associée c'est celui de Clarice Starling dans Le Silence des agneaux. Vous n'êtes pas un peu lassée ?

Je n'en aurai jamais marre de Clarice, c'est un personnage extraordinaire et un film extraordinaire dont je suis très fière. D'ailleurs, nous tous, de Jonathan Demme [le réalisateur] qui est malheureusement décédé maintenant, aux acteurs dans le film, on voit ce film comme une sorte de film divin. On a tous lu le scénario, on a tous dit oui tout de suite, parce que c'était magnifique. C'est le meilleur job qu'on ait eu de nos carrières. Et je ne suis pas sûre d'en avoir un autre aussi bon.

Vous êtes également productrice. L'industrie du cinéma change souvent. Les plateformes ont un peu pris le pouvoir. Sauf à Cannes, parce qu'il faut que les films sortent en salles pour qu'ils soient diffusés durant le festival. Les plateformes, vous les accueillez avec bienveillance ?

Je pense que c'est très important de regarder en avant, de regarder le futur et de laisser le cinéma se transformer, se renouveler. Ça fait partie de l'art. Je pense que le streaming et le cable ont ouvert tellement de possibilités qui n'existaient pas. Et d'ailleurs, le cinéma des grands distributeurs aux États-Unis était en train de suffoquer. Pour les films d'auteur, les films importants et significatifs, c'est le streaming qui nous a sauvés. En tant qu'actrice, je suis contente de donner de moi-même, que ce soit sur les grands écrans ou les petits écrans. Peu importe, pour moi, il faut embrasser cette évolution.

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