Cet article date de plus de sept ans.

Le film d'Abel Ferrara sur l'affaire DSK est-il antisémite ?

"Le Figaro" et "Le Monde" estiment que le film "Welcome To New York", inspiré de l'affaire DSK, est émaillé de clichés antijuifs. Explications.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une scène du film "Welcome to New York" tournée avec Jacqueline Bisset et Gérard Depardieu, le 3 mai 2013 à New York. (SIEGEL JEFFERSON / SIPA)

Que serait le festival de Cannes sans sa dose annuelle de polémique ? Présenté sur la Croisette en marge de l'événement, samedi 17 mai, le film Welcome to New York, très largement inspiré de l'affaire DSK, n'en finit pas de faire parler de lui. Réalisé par l'Américain Abel Ferrara, le film est en effet accusé de verser à plusieurs reprises dans l'antisémitisme.

Oui, aux yeux de plusieurs journaux

Le Monde évoque par exemple "un grand film malade, (...) alternant des moments magnifiques et d'autres assez patauds, au risque de se saborder lui-même". Mais c'est le personnage de Simone – interprété par Jacqueline Bisset et représentant Anne Sinclair – qui suscite le plus d'interrogations. Car pour Le Monde, "le premier trait qui la caractérise est la double allusion à sa fortune et à l'usage qu'elle en fait comme grande donatrice à Israël". "Cette scène, qui semble ne servir qu'à poser l'équation entre les juifs, le pouvoir et l'argent, donne dans le fantasme antisémite", poursuit le quotidien du soir.

Un avis partagé par Le Figaro, qui déplore "l'antisémitisme nauséabond de Welcome to New York". Pour le quotidien de droite, outre le fait qu'il "hésite entre le documentaire animalier sur la vie sexuelle des bêtes et le film porno cheap", le film de Ferrara n'hésite pas à véhiculer des clichés antisémites. Notamment lorsque Georges Devereaux – inspiré de Dominique Strauss-Kahn – renvoie son épouse "à sa fortune, et aux raisons de sa fortune". "Tout le monde sait ce que ta famille a fait pendant la guerre. 1945 ? Une très bonne année !" lance Devereaux à Simone. "Une interprétation d'un goût d'autant plus douteux qu'Anne Sinclair est la petite fille du collectionneur d'art Paul Rozenberg, dont les tableaux ont été spoliés et qui a fui le nazisme", reprend Le Figaro.

Non, jure son réalisateur

Encore présent à Cannes dimanche, Abel Ferrara a tenu à balayer ces critiques. "Je ne suis pas antisémite. J’espère que non. J’ai été élevé par des femmes juives", esquive-t-il. Et de se défendre d'avoir sali la mémoire du père d'Anne Sinclair : "Ce n’était pas un collabo. Il a failli être tué par la Gestapo. Il était tout le contraire. Il est passé tout près d’être descendu, comme six millions de juifs".

Interrogé par Le Point, le réalisateur ajoute : "Où est l'antisémitisme dans ce film ? Elle [le personnage de Simone, représentant Anne Sinclair] donne de l'argent à Israël. C'est un fait, mais supporter son pays, c'est génial, non ? Ce n'est pas antisémite."

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Cannes 2020

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.