"Doctor Strange 2", "Les Eternels", "Thor" : comment les réalisateurs célèbres préservent-ils leur style dans les productions Marvel ?

La dernière superproduction Marvel, "Doctor Strange 2", est signée Sam Raimi. Les auteurs recrutés par Marvel parviennent-ils à garder leur style et leur vision ?

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Radio France
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Sam Raimi (cravate noire) avec les responsables des studios Marvel et Disney, lors de la présentation de "Doctor Strange 2" à Hollywood (Etats-Unis) le 2 mai 2022 (ALBERTO E. RODRIGUEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Doctor Strange 2 déboule sur les écrans français quatre mois seulement après le carton du dernier Spiderman, sept millions d'entrées en France. Le film est réalisé par Sam Raimi, qui avait justement signé la première trilogie Spiderman dans les années 2000.

À l'époque, quand elle entame sa première période d'adaptations de BD en longs métrages à gros budget, la firme Marvel n'hésite pas à en confier les rênes à des cinéastes reconnus : Bryan Singer, réalisateur d'Usual Suspects, pour X-Men, le Taïwanais Ang Lee pour Hulk et donc Sam Raimi, auteur entre autres de la saga d'horreur culte Evil dead pour Spiderman.



Vingt ans plus tard, Marvel a grossi, été rachetée par Disney, et chaque nouveau film ou presque réalise de gros bénéfices, mais cette politique de recrutement d'auteurs continue avec Kenneth Brannagh ou Chloé Zhao récemment.

Ces auteurs ont-ils vraiment carte blanche pour faire le film qu'ils veulent ? Cela dépend, dit Vesper, vidéaste pop-culture : "On retrouve la patte de Chloé Zhao dans ce qu'elle a fait sur Les Eternels. Il y a de jolis environnements extérieurs, elle a essayé d'apporter ce qu'elle aime faire dans ses films plus 'arty'. Mais ce n'est pas toujours le cas : Thor, de Kenneth Branagh, est l'un des films les moins appréciés de l'univers cinématographique Marvel."

Dans ce contexte on pouvait craindre le pire donc en voyant Sam Raimi, dont les Spiderman font encore référence aujourd'hui, arriver aux commandes de ce Doctor Strange 2, mais c'est plutôt une bonne surprise. On reconnaît sa signature sur des choix formels, qu'il s'agisse de références aux films de zombie ou à des scènes plus intimes plutôt réussies. "On pensait que Sam Raimi se ferait écraser par le système Marvel, mais je trouve que dans les contraintes de ce système il a réussi à imposer une patte visuelle et même sonore, s'étonne Philippe Guedj, journaliste au Point et co-auteur du documentaire Marvel Renaissance. Il y a un jeu assez intéressant avec la bande-son au fil du film ; il a fait venir son compositeur fétiche Danny Elfman, dont on reconnaît la patte également, et il y a des plans assez extraordinaires. Donc c'est plutôt une bonne surprise."

Et s'il semble acquis que le personnage de Docteur Strange reviendra pour un troisième volet, on ne sait pas encore si Sam Raimi rempilera à la réalisation.

Marvel et les auteurs : reportage de Matteu Maestracci
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