Plainte pour viols et agressions sexuelles contre Gérard Depardieu : "C'est toujours très difficile de savoir la vérité"

Tout "se passe dans le huis-clos d'une chambre d'hôtel ou d'un appartement", rappelle sur franceinfo la journaliste Annette Levy-Willard qui a notamment écrit sur le mouvement #MeToo.

Annette Levy-Willard,  journaliste grand reporter à Libération et écrivain, notamment sur le mouvement #MeToo.
Annette Levy-Willard,  journaliste grand reporter à Libération et écrivain, notamment sur le mouvement #MeToo. (FRED DUFOUR / AFP)

"Dans le cas de Gérard Depardieu, comme dans le cas d'Asia Argento (une des accusatrices d'Harvey Weinstein maintenant accusée elle-même de viol), c'est toujours très difficile de savoir la vérité parce que ce qui se passe dans le huis clos d'une chambre d'hôtel ou d'un appartement entre deux personnes, sans témoin, c'est très difficile", a expliqué jeudi 30 août sur franceinfo, Annette Levy-Willard, journaliste grand reporter à Libération et écrivaine, notamment sur le mouvement #MeToo.

En Amérique, on pouvait acheter le silence, pas en France

Gérard Depardieu fait l'objet d'une plainte depuis lundi pour viols et agressions sexuelles déposée par une comédienne française de 22 ans. Dans cette affaire, "il y a une grosse différence entre ce qui se passe en Amérique et en France", a poursuivi la journaliste avant d'ajouter : "En Amérique vous avez Harvey Weinstein qui pendant vingt ans a acheté, a payé pour que les femmes ne portent pas plainte contre lui et ça a marché pendant très longtemps, jusqu'à ce que la presse fasse son boulot et publie les témoignages."

En France, même si quelqu'un sort son carnet de chèques, ça n'empêchera pas le parquet de continuer de mener l'enquêteAnnette Levy-Willardà franceinfo

Concernant les différences entre les États-Unis et la France vis-à-vis des répercussions qu'a eu ce mouvement #MeToo, pour Annette Levy-Willard, c'est avant tout une différence culturelle plus que juridique, parce qu'il y a "autant d'abus de la part des hommes qui ont du pouvoir et ce n'est pas simplement dans le cinéma. Il n'y a donc pas de raison dans des sociétés où les hommes sont encore au pouvoir, majoritairement, que ça ne se passe pas en France."