Corinne Masiero nue aux César : le parquet classe sans suite un signalement de députés LR pour exhibition sexuelle

"Au regard de la démarche poursuivie par l'intéressée, qui souhaitait attirer l'attention du public sur les difficultés actuelles rencontrées par les professionnels du spectacle, une poursuite serait inopportune", a estimé lundi le procureur de Paris.

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L'actrice Corinne Masiero se déshabille sur scène, le 12 mars 2021, lors de la cérémonie des César, à côté de Marina Foïs. (BERTRAND GUAY / AFP)

Leur démarche judiciaire contre l'actrice n'a pas abouti. Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a classé sans suite le signalement de neuf députés LR qui accusaient la comédienne Corinne Masiero d'exhibition sexuelle lors de la 46e cérémonie des César, a annoncé lundi 22 mars le parquet à l'AFP.  L'actrice s'était dénudée sur scène, révélant les messages "No culture, no future" et "rends-nous l'art, Jean" sur le corps.

Dans un courrier daté du 16 mars adressé au parquet de Paris, le député LR du Vaucluse Julien Aubert, soutenu par d'autres parlementaires, estimait que l'actrice avait commis le délit d'"exhibition sexuelle", passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende, en apparaissant lors de la dernière cérémonie des César, le 12 mars, "totalement déshabillée, imposant sa nudité" au public dans la salle ainsi qu'aux téléspectateurs.

Une jurisprudence favorable aux démarches "de protestation politique"

Dans sa réponse envoyée lundi, dont l'AFP a eu connaissance, Rémy Heitz a expliqué avoir procédé au classement sans suite du signalement. "Au regard de la démarche poursuivie par l'intéressée, qui souhaitait attirer l'attention du public sur les difficultés actuelles rencontrées par les professionnels du spectacle, une poursuite serait inopportune", a-t-il expliqué.

Le procureur a par ailleurs souligné qu'elle serait "vouée de surcroît à l'échec au regard de la jurisprudence récente de la Cour de cassation", se référant à un arrêt du 26 février 2020 qui avait définitivement validé la relaxe d'une ancienne militante des Femen, Iana Zhdanova, pour une action seins nus au musée Grévin en 2014. Dans cette décision, la Cour de cassation avait estimé que "le comportement de la prévenue s'inscrivait dans une démarche de protestation politique, et que son incrimination (...) aurait constitué une ingérence disproportionnée dans l'exercice de la liberté d'expression", a rappelé Rémi Heitz.

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