César 2018 : Valérie Pécresse accusée de "récupération politique" après le triomphe de "120 battements par minute"

La présidente de la région Ile-de-France a salué, vendredi 2 mars, les prix remportés par le film de Robin Campillo, en partie financé par le conseil régional. Mais ses félicitations ont été sèchement accueillies.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, le 2 mars 2018 aux César 2018.
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, le 2 mars 2018 aux César 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)

Des félicitations qui ne passent pas. En saluant, vendredi 2 mars sur Twitter, le succès du film 120 battements par minute aux César 2018, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a provoqué de nombreuses critiques contre cette "récupération politique". Le film raconte les années sida à travers le combat d'Act Up, une association issue de la communauté homosexuelle.

De nombreux internautes ont pointé le décalage entre cette déclaration et son alliance avec Sens Commun, émanation politique de la Manif pour tous et opposé au mariage des couples de même sexe.

D'autres l'ont accusé de pratiquer le "pink washing", c'est-à-dire de se racheter une image gay-friendly sans réellement s'engager sur ces questions.

Contactée par L'Obs, Valérie Pécresse assure être "personnellement intervenue" pour que le film soit subventionné par la région. "J’ai voté contre le mariage pour tous et défendu l’union civile en 2012, mais je n’ai jamais appartenu à l’association de la Manif pour tous", a-t-elle argumentée, en rappelant son appartenance à l'association Elus locaux contre le sida.

Je défends en tant que présidente de région la liberté d’expression et de création, pas l’uniformité de pensée ni le sectarisme.Valérie Pécresseà "L'Obs"

Ce n'est pas la première fois que la présidente de la région Ile-de-France est critiquée pour ses propos sur le film. "Une fois la rhétorique et la récupération des luttes démontées, Valérie n'est pas si loin des ennemi-e-s de la lutte contre le sida qu'Act Up-Paris devait affronter à l'époque où se déroule '120 battements par minute'", écrivait en juillet Mikaël Zenouda, président d'Act Up-Paris dans une tribune intitulée "120 récupérations par minute".