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"Bird People", un peu de poésie dans un monde de brutes

Pascale Ferran se fait rare. Quatre films en vingt ans ! Après "Lady Chatterley" (2006), A Cannes, elle a présenté "Bird People" dans la sélection "Un Certain Regard". Un film inclassable, poétique et très urbain à la fois.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Anaïs Demoustier dans "Bird People" de Pascale Ferran
 (Carole Bethuel)
La note Culturebox
4 / 5                  ★★★★☆

De Pascale Ferran (France), avec Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem, Radha Mitchell, Camélia Jordana - 2h07 - Sortie : 4 juin 2014

Synopsis : En transit dans un hôtel international près de Roissy, un ingénieur en informatique américain, soumis à de très lourdes pressions professionnelles et affectives, décide de changer radicalement le cours de sa vie. Quelques heures plus tard, une jeune femme de chambre de l’hôtel, qui vit dans un entre-deux provisoire, voit son existence basculer à la suite d’un événement surnaturel.

Comme d'habitude, Pascale Ferran a pris son temps pour préparer ce "Bird People". Son producteur : "Il fallait être un peu perché pour faire ce film… Et Pascale Ferran est totalement perchée".

Pour apprécier le film, il va falloir "lâcher prise" pour employer l'expression à la mode. Ne pas s'enfermer dans une recherche de réalisme, de crédibilité à tout prix. "Bird People" est un voyage auquel Ferran nous invite. On peut évidemment le refuser, mais si on se laisse embarquer, il vaut la peine.

Dans une lettre ajoutée in extremis au dossier de presse, la réalisatrice demande aux journalistes de "ne pas trop révéler les détails du récit, notamment la transformation d'Audrey" afin de découvrir le film "sans rien, ou presque, en savoir". Une gageure, à une époque où chaque citoyen est devenu un média à lui seul, mais on la suit volontiers. "Bird People" mérite d'être vu sans a priori, sans éventer sa surprise.

Roschdy Zem et Josh Charles dans "Bird People" de Pascale Ferran
 (Carole Bethuel)

Gare du Nord, RER, Roissy… Le film s'ouvre dans un univers de transports où des milliers de vies s'entrecroisent, une foule de solitaires en mouvement. Dans cette mêlée, quelques personnages émergent : Gary (Josh Charles, excellent), un cadre Américain au bout du rouleau. Audrey (Anaïs Demoustier), étudiante sans passion et femme de chambre sans projet.

Pascale Ferran a l'œil singulier. Ses longs plans ont une intensité documentaire. Ils se répètent, installent les personnages, fourmillent de détails. Une fois son univers installé, elle le dynamite. Gary ne veut plus jouer le jeu, il plaque tout. Le job et la famille. La très longue scène de séparation intercontinentale entre sa femme et lui se joue par webcam interposée. Un bijou, merveilleusement interprété, une "rupture numérique" tout à fait dans son temps.

Au moment où Gary ouvre grand les portes de sa nouvelle vie, c'est l'existence d'Audrey qui va s'envoler. Le film bascule alors vers le conte, la poésie. On n'en dira pas plus… Mais l'expérience est étonnante !

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