Mort de Bertrand Tavernier : "Le cinéma français perd sa mémoire numéro 1", estime Claude Lelouch

"C’était un grand cinéaste et un historien du cinéma incomparable", a déclaré le réalisateur Claude Lelouch, ami de Bertrand Tavernier disparu ce jeudi 25 mars.

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Radio France
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Bertrand Tavernier sur le tournage d'"Un dimanche a la campagne" en 1984.  (PHOTO ETIENNE GEORGE / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP)

"C’est une perte colossale pour le cinéma français", a réagi ce jeudi 25 mars sur franceinfo le réalisateur Claude Lelouch, après la mort du cinéaste Bertrand Tavernier à l’âge de 79 ans. "C’était un grand cinéaste et un historien du cinéma incomparable", a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la mort de Bertrand Tavernier "est une grosse perte pour tous les cinéastes du monde entier."

franceinfo : Quels souvenirs vous sont venus en apprenant le décès de Bertrand Tavernier ?

Claude Lelouch : C’était d’abord un ami. C’était surtout un grand cinéaste et un historien du cinéma incomparable. Je pense qu’il était, de nous tous, celui qui connaissait le mieux le cinéma d'avant la guerre, de la guerre, de l'après-guerre. Il a réhabilité d’immenses cinéastes qui était tombés dans l'ombre. C'est une perte colossale pour le cinéma français. J'ai le sentiment aujourd'hui que le cinéma français perd sa mémoire numéro 1. Il était d'une lucidité bienveillante. Il n’était jamais dans le ricanement. Jamais. Il a toujours respecté même les gens qui auraient pu le critiquer. C'est une grosse perte pour tous les cinéastes du monde entier.

Vous souvenez-vous de votre rencontre avec Bertrand Tavernier ?

On s'est rencontrés à l'occasion du tournage de Un homme et une femme. Il était venu gentiment me voir après la projection. Il m’avait dit des choses sublimes que je n’ose pas répéter. Il défendait le cinéma avant toute chose. Et il voulait nous le faire aimer. Je suis vraiment triste de voir que cet homme qui défendait le cinéma sous toutes ses formes est parti. On a perdu un grand défenseur du cinéma. Je peux vous garantir que s'il y avait quelqu’un qui connaissait le cinéma et qui le connaissait depuis ses débuts, c’était lui. Je le connaissais de l’intérieur. J'ai passé des soirées entières à parler de cinéma avec lui et il m'a donné envie à chaque fois d'aller revoir plein de films que je croyais avoir vus mais que j’avais mal vus.

Que Bertrand Tavernier nous quitte alors que les salles de cinéma sont fermées, c’est quelque chose d’ironique ?

Il a dû souffrir énormément de tout ça. Il a dû souffrir énormément, justement, de toutes ces fermetures. Moi, je savais depuis un petit bout de temps qu'il n'était pas bien, qu'il allait mal.

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