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Avant "Grace de Monaco", cinq films biographiques accusés de travestir leur sujet

Article rédigé par
Claire Digiacomi - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
L'actrice Nicole Kidman dans "Grace de Monaco". (LILO/SIPA)

La famille Grimaldi a déjà fait savoir qu'elle ne souhaitait pas "être associée" au nouveau film d'Olivier Dahan. "Grace de Monaco" n'est pas le premier biopic à créer la polémique.

A quelques heures du début du festival de Cannes, les regards se portent déjà sur son film d'ouverture. Grace de Monaco, réalisé par Olivier Dahan (La Môme) raconte le parcours de Grace Kelly aux côtés du prince Rainier de Monaco. Selon les enfants de la princesse, le film "ne reflète aucune réalité" et "ne peut en aucun cas être qualifié de 'biopic'". Dénonçant un "détournement" de l'histoire "à des fins purement commerciales", la famille a décidé de boycotter Cannes cette année.

Ce n'est pas la première fois qu'un film inspiré de la vie d'une personnalité est critiqué par ceux qui en sont les principaux personnages. Francetv info a sélectionné cinq œuvres cinématographiques qui ont connu le même accueil.

1 "Diana", de Oliver Hirschbiegel

Une image du film, figée, montrant Naomi Watts dans le rôle de Lady Di. C’est tout ce qui a suffi pour faire dire à Hasnat Khan, ancien amant de la princesse de Galles, que le film Diana, sorti en 2013, était "complètement faux". "La légende ne dit jamais toute la vérité", affirme le médecin, que la princesse surnommait "Mr Wonderful".

Avant même sa sortie, l’homme jure qu’il ne verra jamais le film. Selon lui, ce long métrage est entièrement basé sur "des hypothèses et des rumeurs", relate le Telegraph. Hasnat Khan a toujours refusé de répondre aux sollicitations du réalisateur et de l’auteur du livre sur lequel s'est basé le scénario de Diana. Le film, qui n’a eu que très peu de succès, se concentre sur les deux dernières années de la vie de Diana, et sur sa relation avec Hasnat Khan, avant qu’elle n’entame une histoire d’amour avec Dodi Al-Fayed.

Dans le Sunday Times, en août 2013, l'actrice Naomi Watts confiait qu’elle craignait la réaction des fils de Diana, les princes Harry et William. L'Australienne a refusé deux fois le rôle, avant de finalement l’accepter : "Parfois, quand vous dites ‘non’, vous vous sentez libre, mais là ce n’était pas le cas", dit-elle. Mais en avril, elle avoue finalement au Daily Mail avoir certains regrets : "J’ai été séduite par ce personnage fantastique (…) Finalement, il y a eu des problèmes et le film a fini par prendre une direction qui n’était pas celle que j’espérais."

2 "The Social Network", de David Fincher

Alors qu'il n'avait fait aucun commentaire sur le sujet pendant la promotion du film, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, est sorti de son silence quelques jours avant la sortie de The Social Network, en 2010. Sur une vidéo de Gawker, on le voit critiquer, face à de futurs entrepreneurs de l’université de Stanford (Californie), la manière dont le réalisateur, David Fincher, le dépeint : "La trame du film veut que je sois avec cette fille – qui n’existe pas dans la vraie vie –, et qu'elle me largue… Ce qui m’est effectivement arrivé plusieurs fois dans ma vie. Et le film tient sur l’idée que j’ai créé Facebook parce que je voulais attraper les filles et sortir en boîte", dit-il.

Avec lui, c’est l’esprit de la Silicon Valley qui prend un coup : "[Les créateurs du film] ne veulent simplement pas accepter l’idée que quelqu’un puisse bâtir quelque chose parce qu’il aime juste bâtir", regrette-t-il. 

3 "Jobs", de Joshua Michael Stern

En août 2013, au moment de la sortie du film qui retrace la vie du créateur d’Apple, le cofondateur de la marque, Steve Wozniak, s’exprime sur Bloomberg TV : "Il y a plein de défauts dans ce film. (…) Je n’aime pas voir les gens que je connais ne pas recevoir le respect qu’ils méritent." Il continue sur le site Gizmodo : "Un ami, qui est dans le film, m’a dit qu’il ne voulait pas le voir parce qu’il ne voulait pas voir du fictionnel." Il soutient que l’acteur principal, Ashton Kutcher, est passé à côté de certains défauts de la personnalité de Steve Jobs : "Je pense qu’une grande part des erreurs du film vient de l’image de Steve Jobs dans l’esprit d’Ashton Kutcher."

L'acteur répond à ces critiques sur le Huff Post américain : "Steve Wozniak est payé pour faire la promotion d’un autre film sur Steve Jobs. C’est une affaire personnelle, mais c’est aussi du business pour lui. (…) Il a été très inaccessible pendant que nous produisions ce film." The Verge confirme : Wozniak a été appelé à contribuer à l’amélioration du script du film, mais a refusé après l’avoir lu. Sa femme et lui l’ont "détesté". Mais le cofondateur d’Apple dément finalement : "Je suis facile à contacter, il aurait pu m’appeler ou me consulter par téléphone."

4 "The Iron Lady", de Phyllida Lloyd

Quand elle a vu le film, Margaret Thatcher, émue, a fondu en larmes, selon le Mirror. "Elle n’a, semble-t-il, pas été offensée par la façon dont elle est représentée", commente une personne proche de l’ancienne Première ministre du Royaume-Uni. Son entourage, lui, ne l’a pas si bien pris.

"Elle n’a jamais été, de ce que j’ai pu voir, l’hystérique hyperémotive et toujours dans l’excès jouée par Meryl Streep", confie Norman Tebbit, ancien membre de son cabinet, au Telegraph of London (article en anglais). "Je ne vois pas où ce film veut en venir. Sa seule utilité est de faire gagner de l’argent à Meryl Streep et à ceux qui l’ont écrit", réagit Lord Bell, un de ses anciens conseillers, dans le Telegraph. L’actuel Premier ministre, David Cameron, regrette, quant à lui, que le film se concentre sur la démence qui touchait Thatcher à la fin de sa vie plutôt que sur le fait qu’elle ait été un "Premier ministre incroyable", relate le Daily Mail.

5 "All Is By My Side", de John Ridley

C’est peu dire que Katy Etchingman, l’une des ex-petites amies de Jimi Hendrix, n’a pas été convaincue par All is by my side. Le biopic, présenté en avant-première au festival international du film de Toronto (Canada) en septembre dernier, a été vivement critiqué par Katy Etchingman, qui s'est entourée d'avocats. Résultat : John Ridley va devoir "supprimer les passages diffamatoires et retourner certaines scènes", selon le New York Post (en anglais).

Dans une note sur son blog, Katy Etchingman écrit : "Le plus contestable et inexact est le fait de montrer Jimi violent avec moi. C’est complètement faux, et c’est un affront insupportable contre Jimi." Dans le New York Post (en anglais) elle décrit un film "ridicule" et "sexiste". Hendrix, interprété dans le film par André 3000 (alias André Benjamin), le chanteur du groupe Outkast, a entretenu une relation de trois ans avec Etchingham. Réalisée par John Ridley (aussi scénariste de 12 Years a Slave), la nouvelle mouture du film devrait sortir en août au Royaume-Uni.

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