Dimanche en politique, France 3

VIDEO. Pierre Laurent : Emmanuel Macron "réduit le champ démocratique"

L'invité du "Dimanche en politique" de ce 15 octobre est Pierre Laurent, secrétaire général du Parti communiste français. Il évoque notamment ses rapports avec Jean-Luc Mélenchon, la politique d'Emmanuel Macron et l'image de son parti auprès des Français.

FRANCE 3

Francis Letellier reçoit ce dimanche 15 octobre le secrétaire général du Parti communiste français, Pierre Laurent. L'homme politique est notamment interrogé sur la réforme du Code du travail par ordonnances voulue par Emmanuel Macron, ses rapports avec le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, mais également sur le scandale actuel de l'affaire Harvey Weinstein, producteur américain accusé par des actrices de les avoir harcelées sexuellement et aussi de viols. 

L'affaire Weinstein révèle "une prédominance des dominations sexistes"

Nicolas Sarkozy avait remis en 2012 une légion d'honneur au producteur. Pierre Laurent reconnait qu'il serait bien sûr opportun de la lui enlever mais veut aller au-delà. Il estime que "cette affaire révèle une fois de plus une généralisation, une prédominance des dominations sexistes, des crimes et violences sexistes dans nos sociétés, quels que soient les milieux", ajoutant qu'"il y a une politique d'ensemble à conduire", notamment par le biais d'"une éducation non sexiste à l'école, le pouvoir patronal peut être aussi un facteur d'amplification. [...] Libérer la parole des femmes, ce n'est pas simplement dans le débat médiatique. On n'a même plus de ministère de plein exercice de droits des femmes" déplore-t-il.

"Le président de la République doit cesser avec le passage en force"

En ce qui concerne la politique du gouvernement, Pierre Laurent martèle : "Je crois que le président de la République doit cesser avec le passage en force [...] parce qu'il y a une très grande colère qui est en train de monter dans tous les secteurs de la société". Il exhorte Emmanuel Macron, qui s'exprimera ce dimanche soir, à "rouvrir la discussion avec les organisations syndicales". Il lui reproche également de vouloir "diminuer le nombre d'élus de proximité et donc réduire le champ démocratique", car "il pense qu'il est plus intelligent que tout le monde", une idée qu'il juge "profondément dangereuse et anachronique".

Pas de compétition avec La France insoumise

Enfin, il confie n'avoir pas reparlé à Jean-Luc Mélenchon depuis la fête de l'Huma, bien qu'il pense qu'"il faudrait qu'on se parle beaucoup plus", ajoutant qu'il est "disponible". Il refuse de se poser en compétition avec la France insoumise : "Je suis à la tête d'un parti qui a un passé mais aussi un avenir, car il faudra bien inventer un autre système que celui du capitalisme mondialisé. […] Il faut que nous changions la manière dont nous sommes perçus dans l'opinion mais le mot communiste restera."

Sur la querelle d'insultes entre Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent refuse de prendre parti. Il condamne cependant tout propos tenus par des adhérents du PCF qui viseraient à excuser des actes criminels comme ceux commis à la gare de Marseille. Une désapprobation qui vise des propos tenus sur les réseaux sociaux par Sonia Nour, du Parti communiste à La Courneuve, qui qualifiait de "martyr" l'assassin de deux jeunes filles à la gare Saint-Charles. 

Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), à Paris en février 2017.
Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), à Paris en février 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)