Harcèlement : "J'ai bien peur que l'ogre Weinstein ne soit que la partie visible de l'iceberg", estime Julie Delpy

Dans un communiqué, l'actrice et réalisatrice déclare avoir reçu à l'âge de 13 ans une "proposition malsaine" d'un réalisateur lors d'une audition.

Julie Delpy pose à la Résidence de France, à Los Angeles, le 3 février 2016. 
Julie Delpy pose à la Résidence de France, à Los Angeles, le 3 février 2016.  (KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Elle aussi a fait, très jeune, l'expérience du harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma. Dans un communiqué publié dans la nuit, Julie Delpy déclare avoir reçu à l'âge de 13 ans une "proposition malsaine" d'un réalisateur lors d'une audition. Installée aux Etats-Unis, l'actrice et réalisatrice française redoute que l'"ogre Weinstein ne soit que la partie visible de l'iceberg".

Jugeant qu'il est "essentiel que les femmes parlent du harcèlement sexuel", elle assure qu'"il est temps que les femmes parlent, pas seulement du harcèlement mais aussi de l'abus psychologique et physique dont beaucoup sont victimes dans leur travail et leur couple", estime l'actrice.

"La France n'a rien à envier à Hollywood"

Julie Delpy dit n'avoir croisé le producteur Harvey Weinstein "que dans des grosses soirées officielles". En revanche, "le milieu en France n'a rien à envier à Hollywood", rappelle-t-elle. "A l'âge de 13 ans (...) durant l'une de mes premières auditions, un réalisateur m'a fait une réflexion/proposition malsaine, il s'est pris le script dans la figure et ma réputation de chieuse a commencé", poursuit la réalisatrice de 2 Days in Paris, 2 Days in New York, Le Skylab et Lolo.

"J'ai pleuré dans les bras de mon père [l'acteur Albert Delpy] dans le métro après cette horrible rencontre, mon père voulait casser la gueule à ce réalisateur de troisième zone", poursuit-elle, sans le nommer. "Après j'ai porté ma carapace, évitant les pièges, et j'ai avancé à pas de tortue car évidemment tout est moins facile quand on dit non et qu'en plus on l'ouvre."