Le réalisateur égyptien Yousry Nasrallah crée la première polémique du 65e festival

Yousry Nasrallah, dont "Après la bataille" est en compétition officielle, a lancé en conférence de presse qu'il ne voulait pas que son film soit vendu en Israël.

Le réalisateur Yousry Nasrallah venu à Cannes pour présenter son film \"Après la bataille\", le 17 mai 2012.
Le réalisateur Yousry Nasrallah venu à Cannes pour présenter son film "Après la bataille", le 17 mai 2012. (JOEL RYAN / AP / SIPA)

C'est la première polémique cannoise de cette 65e édition. Le réalisateur égyptien Yousry Nasrallah, en compétition officielle avec Après la bataille, a indiqué jeudi 17 mai qu'il ne voulait pas que son film soit vendu à Israël.  

Pas "des alliés" de la Révolution

"Je ne sais pas du tout si le film a été vendu à Israël mais si vous voulez connaître mon avis, non, je ne veux pas qu'il soit vendu à Israël, a lancé le réalisateur lors de sa conférence de presse sur la Croisette. Pas tant que les Israéliens occupent encore les territoires palestiniens". Des journalistes présents dans la salle ont alors applaudi.

Le réalisateur a ajouté "qu'au moment où les Egyptiens sont encore en train d'essayer de franchir la première étape vers une libération vis-à-vis de leur propre régime, de l'oppression et d'une gouvernance militaire", il ne pense pas qu'"Israël soit un allié pour cette libération."

Présenté jeudi, Après la bataille est en lice pour la Palme d'or. Le film suit l'un des cavaliers des pyramides au Caire qui, privés de touristes et donc de moyens de subsistance pendant la révolution en 2011, fondirent sur la place Tahrir pour charger les insurgés. 

Chaque édition connaît ses polémiques

"De merveilleux réalisateurs israéliens sont mes amis, Avi Mograbi par exemple ou Amos Gitaï", a tempéré le réalisateur égyptien. De plus, "ce n'est pas moi qui décide si les films sont vendus ou pas en Israël. De tout façon, ils sont montrés là-bas", a-t-il conclu.

Régulièrement, la Croisette est le théâtre de polémiques et de déclarations fracassantes. En 2011, le réalisateur danois Lars Von Trier avait jeté un froid en conférence de presse en lançant : "Je comprends Hitler. Ce n'est pas vraiment un brave type, mais (...) je compatis un peu avec lui."