Mort d‘Albert Uderzo : "Comme, parfois, on se trouve en amour mon père et Albert se sont trouvés en amitié", témoigne Anne Goscinny

La famille du dessinateur d'Astérix a annoncé, mardi 24 mars, son décès à l'âge de 92 ans. La fille de René Goscinny s'est dite sur franceinfo "infiniment triste".

Albert Uderzo, le 19 avril 2007 à Paris.
Albert Uderzo, le 19 avril 2007 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"J’ai l’impression que la mort de mon père me revient comme un boomerang", a témoigné mardi 24 mars sur franceinfo Anne Goscinny, après la mort du dessinateur d’Astérix Albert Uderzo. La fille du scénariste de la bande dessinée, René Goscinny, a expliqué se sentir "groggy". "Je suis infiniment triste", a témoigné Anne Goscinny.

franceinfo : Comment vivez-vous la disparition d’Albert Uderzo ?

Je suis proche de sa fille Sylvie et je pense à elle. Je pense aussi à la femme d'Albert, Ada. Je sais que ces deux femmes sont dans une peine immense. Albert est mort d'un infarctus dans son sommeil, à un âge où on peut cesser de se révolter de ce qui vient d'arriver, mais je suis aujourd'hui complètement groggy. J'ai du mal à réaliser. J'ai l'impression que la mort de mon père me revient comme un boomerang. Je suis confinée comme nous tous. Je ne peux donc pas sortir pour me changer les idées. Et je suis infiniment triste.

Aviez-vous gardé un lien avec Albert Uderzo au cours de ces dernières années ?

Bien sûr, comment ne pas garder un lien avec un ami si cher de son propre père ! Albert et mon père étaient à l'origine de bien plus qu'une œuvre mais d’un mythe ! Ils étaient amis, des amis comme on en a peu dans une vie, comme on n'en a pas. Albert et moi avons été orphelins du même homme en 1977. Ça crée des liens.

Il a perdu son complice au moment où vous vous perdez votre papa. Comment vous expliquez ce tandem qui, finalement, a bien marché pendant tant d'années ?

Je crois que il y a beaucoup d'explications mais je pense qu'Albert et mon père riaient des mêmes choses, même s'ils étaient très différents l'un de l'autre. Tout le monde le sait, Albert aimait la campagne, les chiens, les animaux, les courses de voiture… Mon père, lui, disait que la civilisation s'arrêtait aux derniers becs de gaz, il n’était pas fou des animaux, n’aimait pas les voitures mais, finalement, je pense qu’ils se sont trouvés. Comme, parfois, on se trouve en amour, eux se sont trouvés en amitié. Leurs deux talents unis l’un à l’autre ont créé un mythe.