Comment le financement participatif s'est immiscé dans le milieu de la bande dessinée

Alors que le festival de la bande dessinée d'Angoulême se prolonge jusqu'à dimanche, on s'intéresse à un outil désormais incontournable dans ce secteur : le "crowdfunding".

Post Facebook des \"Cahiers de la BD\", le 20 septembre 2017.
Post Facebook des "Cahiers de la BD", le 20 septembre 2017. (CAPTURE D'ÉCRAN FACEBOOK)
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Gilbert ChevalierRadio France

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Cela fait quelques années déjà que KissKissBankBank est partenaire du festival de la bande dessinée d'Angoulême, qui joue les prolongation jusqu'à dimanche 28 janvier. Cette entreprise de "crowdfunding", ou financement collaboratif, a déjà collecté des fonds pour plusieurs projets liés au neuvième art. La revue Les Cahiers de la BD, par exemple, a pu renaître de ses cendres l'an dernier grâce à KissKissBankBank, avec plus de 30 000 euros collecéts grâce à la plate-forme. Pour Vincent Bernière, à l'origine de cette renaissance, le projet aurait été impossible sans ce financement participatif en ligne : "J'ai découvert le site KissKissBankBank grâce à la bande dessinée d'une jeune femme qui a obtenu 200 000 euros pour la produire, raconte-t-il. Je me suis dit : 'Tiens, il y a peut-être quelque chose à faire de ce côté-là'."

Moi qui n'étais pas trop branché sur les réseaux sociaux, j'ai vraiment l'impression d'avoir créé quelque chose qui soutient ce journal.Vincent Bernière, éditeurà franceinfo

Pour lancer un journal, il y a en effet une importante mobilisation de trésorerie. Avec un trimestriel comme Les Cachiers de la BD, la recette des ventes du premier numéro n'est encaissée que six mois plus tard. "On m'a dit d'aller voir KissKissBankBank ou Ulule, qui sont un peu les deux qui se tirent la bourre, raconte Vincent Bernière. Cela permet de générer des fonds, dans le meilleur des cas, et de fédérer une communauté d'abonnés à ma page Facebook."

Un "monsieur BD" dédié chez KissKiss

Les Cahiers de la Bd sont un exemple parmi d'autres. Le secteur est en plein developpement depuis quelques années, au point que KissKissBankBank s'est doté d'un "monsieur BD", Jean-Samuel Kriegk, pour accompagner les projets de financement dans ce domaine. Selon lui, le financement participatif des auteurs est comparable aux AMAP, ces Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne qui proposent des paniers de fruits et légumes frais en provenance directe de la ferme, sans passer par un distributeur.

Le financement participatif, c'est un peu l'AMAP de la culture : quand vous venez financer votre bande dessinée sur KissKiss, vous êtes en relation directe avec votre communauté de lecteurs.Jean-Samuel Kriegk, spécialiste BD à KissKissBankBankà franceinfo

"J'ai aussi des auteurs qui viennent se financer six mois avant le travail (...), avant d'aller démarcher un éditeur, parce qu'ils savent que cette première étape de financement participatif va leur donner des moyens qui ne correspondent pas à ce que sont les avances proposées par les éditeurs aujourd'hui", poursuit-il. En quatre ans, KissKissBankBank a permis de collecter près d'un million et demi d'euros pour des projets liés à la bande dessinée.

La renaissance de la revue "Les Cachiers de la BD" grâce au financement participatif : un reportage de Gilbert Chevalier
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