La mort de François Morellet, maître de l'art abstrait minimaliste

Le peintre et sculpteur français François Morellet, figure majeure de l'art abstrait minimaliste, s'est éteint dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 90 ans, a-t-on appris auprès de son agent.

François Morellet le 28 février 2011 au Centre Pompidou, où une rétrospective lui était consacrée
François Morellet le 28 février 2011 au Centre Pompidou, où une rétrospective lui était consacrée (Pierre Verdy / AFP)
Plus connu à l'étranger, particulièrement en Allemagne, que dans son propre pays, François Morellet s'est toujours exprimé dans un strict langage géométrique, associé à un humour et une irrévérence dont témoignent souvent les titres de ses oeuvres ("Géometree", "Steel Life"), fréquemment déclinées par séries.
Reportage : D. Leroy / S. Hérel

"Il était mon ami, il était un homme libre. Il était inventif et rigoureux. Il rendait la géométrie joyeuse et l'humour nécessaire. Je l'aimais", a réagi Bernard Blistène, directeur du Musée national d'art moderne au Centre Pompidou.

Rejetant toute conception romantique de l'artiste, François Morellet "a voulu réduire l'art à ses signes les plus élémentaires, affirmant aussitôt qu'ils sont vides de sens", souligne Serge Lemoine, spécialiste de son œuvre.

L'un des premiers artistes à recourir au néon

Menant parallèlement des activités d'industriel, François Morellet, né le 30 avril 1926 à Cholet, dans le Maine-et-Loire, a été un des premiers artistes à utiliser massivement le néon. Il a conçu aussi de nombreuses oeuvres intégrées à l'architecture, intervenant au Bundestag allemand aussi bien qu'au musée du Louvre avec "l'Esprit d'escalier" en 2010.

Artiste reconnu internationalement - ses œuvres figurent dans les collections d'art contemporain les plus réputées et ont été présentées notamment au Grand Palais dans la mémorable exposition Dynamo en 2013 -, il est resté un homme à part, réputé pour sa rigueur et ses positions sans concession.