Paris Photo a voulu résister mais le confinement a eu raison du grand salon parisien de photographie

Paris Photo a tenté de résister en proposant une édition plus petite, puis un parcours de galeries. Le deuxième confinement a eu raison du grand salon de la photographie. Reste une présentation virtuelle de Elles X Paris Photo, qui réunit 40 femmes photographes.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Paris Photo au Grand Palais le 7 novembre 2019. (OLIVIER CORSAN / PHOTOPQR / LE PARISIEN / MAXPPP)

Après l'annulation de la FIAC fin octobre, et alors que d'autres salons pliaient bagage, jugeant le risque trop grand du fait de la crise sanitaire, Paris Photo se montrait résolu à tenir le coup le plus longtemps possible. Le nouveau confinement a eu raison de sa volonté de tenir cette semaine le premier rendez-vous au monde de la photo d'art, qui se trouve réduit à une offre virtuelle.


"De Charybde en Scylla" : la formule de la présidente de Paris Photo traduit son dépit. "Nous avions choisi un format plus petit mais de qualité, n'attendant plus que des galeristes européens, en plus des galeristes français", a expliqué Florence Bourgeois à l'AFP, à propos de cette 24e édition. "Pour que les exposants ne prennent pas de risques, nous avions consenti une réduction de 20% pour le prix du stand", soupire la présidente de cette foire qui, en 2019, avait réuni plus de 200 exposants - 180 galeries de 30 pays et 31 éditeurs. La réduction de la jauge autorisée, de 5 000 à 1 000 personnes, a mis fin au premier aménagement.

Il ne reste que le programme Elles X Paris Photo

Pour compenser cette annulation, "on s'est remobilisé pour un événement dans Paris, et plus d'une quarantaine de galeries étaient prêtes à jouer le jeu" : un parcours pendant le week-end permettant aux collectionneurs, dans le respect des règles sanitaires, de faire leurs emplettes. Le deuxième confinement a eu raison de cette deuxième tentative de maintenir quelque chose.

De Paris Photo, désormais entièrement en ligne, il ne reste principalement que le programme Elles X Paris Photo, fruit d'un partenariat avec le ministère de la Culture. Ce dispositif, qui fête ses quatre ans, vise à une meilleure visibilité des photographes femmes. Il a réuni près de 40 femmes, connues ou moins connues. Une trentaine sont interviewées sur le site dédié. Pour dix d'entre elles s'ajoute un entretien filmé.

Carte Blanche : les quatre lauréats exposés Gare du Nord

Autre écho du grand rendez-vous manqué : les quatre jeunes lauréats de la Carte Blanche annuelle de Paris Photo sont exposés à la Gare du Nord.

Pour la galeriste Nathalie Obadia, "ce sont avant tout les artistes qui sont pénalisés, surtout les artistes consacrés". Car pour eux, "Paris Photo, c'est le rendez-vous mondial, c'est l'évènement" de ce segment de l'art où viennent les collectionneurs étrangers et où ils doivent être. A la différence de la FIAC qui a de puissants concurrents.

"L'histoire s'est mise en stand-by, mais ne n'est pas arrêtée", relève, confiant, le galeriste Georges-Philippe Vallois. "Curieusement, on n'a pas un marché totalement atone" et "la demande en vente publique n'est pas éteinte" que ce soit pour la photo ou d'autres segments. Mais l'absence des collectionneurs étrangers crée "une absence de perspectives", reconnaît-il.

Photo Saint-Germain reporté à mi-janvier

Incertaines pour décembre, plusieurs associations comme Photo Saint-Germain ont reporté à mi-janvier leurs expositions.

"Les répercussions économiques sont colossales. Il faut proposer encore plus de digital. Mais tout cela ne compense pas les échanges, extrêmement importants pour les artistes. Les commissaires n'ont pas encore l'habitude de faire des live sur Instagram !", observe Florence Bourgeois.

Preuve que Paris reste une capitale de la photo d'art, l'offre abondante proposée si le confinement n'avait pas tout interrompu : de Noir et blanc au Grand Palais à Cindy Sherman à la Fondation Vuitton, de Josef Koudelka à la BF à Man Ray au Musée du Luxembourg. Sans compter la vente aux enchères des photos du magazine Life.

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