"No Music No life" : plus de 50 ans d’histoire du rock résumés dans une exposition photo à Londres

C'est l’expo rock à voir en ce moment à Londres. Jill Furmanovsky présente à Londres ses photographies d'icônes légendaires de la musique.
Article rédigé par Richard Place
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Jill Furmanovsky avec une de ses photos d'Amy Winehouse, à Londres (Royaume-Uni), décembre 2023 (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Queen, Charlie Watts, Oasis, Amy Winehouse… Jill Furmanovsky les a tous photographiés. Elle présente jusqu’au 3 février une petite partie de son incroyable collection à Londres. L'exposition s'appelle No Music No life et résume plus de 50 ans d’histoire du rock.

À 11 ans, Jill Furmanovsky se présente devant la maison de Paul McCartney. "J'étais très timide et je venais d'arriver d'Afrique au Royaume-Uni", se souvient la photographe, venue du Zimbabwe avec son père, architecte. "Je me sentais un peu seule. Les Beatles, c’était comme des amis pour moi. Alors oui, je suis allée chez Paul McCartney. Ma tante habitait de l'autre côté de la rue." La star joue le jeu, elle la prend en photo avec son appareil bon marché, deux amies qui l’ont accompagnée posent avec lui. "Mon premier cliché de rock", sourit-elle. Elle ne veut pas apparaître sur le cliché. "Je n'ai jamais particulièrement voulu être sur l’image, mais j'étais très intéressée par le fait de prendre des photos", explique-t-elle.

En tournée avec Pink Floyd et Oasis

Quelques années plus tard, étudiante audacieuse, elle décroche le titre de photographe officielle d’une salle de spectacle à Londres. Elle immortalise des dizaines de concerts et de répétitions avec des artistes pas encore célèbres. "L’un de ces groupes en 1972, c’était Pink Floyd. Ils répétaient avant une tournée qui allait devenir les débuts de The dark side of the moon, explique la photographe. Ma relation avec Pink Floyd, la plus longue de ma carrière, fait partie de ma vie."

Jill Furmanovsky embarque ensuite sur cette tournée et sa carrière est lancée. Plus que la musique, c’est bien la photographie qui la passionne, notamment celle de Cartier-Bresson pour saisir l’instant.  

" J’aime travailler avec les plus compliqués, les artistes très introvertis. Joy Division par exemple ou les Talking Heads. C’est vraiment un défi. Pour capter quelque chose de subtil, il faut une certaine habileté."

Jill Furmanovsky, photographe

à franceinfo

Sa méthode pour prendre de bonnes photos ? Disparaître. "J'avais l'habitude de porter des vêtements noirs amples et des chaussures noires. J’essayais d'être invisible, d'être discrète dans les coulisses, raconte encore Jill Furmanovsky. Il y a des photographes qui aiment vraiment mettre en scène. Je suis bien plus une observatrice."

"Que ce soit votre chien ou Amy Winehouse, poursuit-elle, une bonne photo est une bonne photo. Le moment choisi, la composition, ce que vous ressentez… Bien entendu, la photographie de la vie réelle possède une dynamique particulière. J'adore le faire. C'est comme une méditation. C'est un voyage complet. Aujourd’hui, tout le monde a son téléphone mais c'est un peu différent parce qu'en fait, il y a un écart entre votre œil, le smartphone et ce qui se passe. Mais avec un appareil argentique, vous regardez à travers le viseur, vous êtes dedans. Il existe donc une sorte de lien entre ce qui se passe et l'anticipation. Une méditation absolue."

Oasis va marquer sa vie

En 1993, elle veut publier un livre de ses photos, sous forme de journal. Elle commence avec les Beatles et cherche le futur groupe qui va marquer l’histoire. Elle entend parler d’Oasis et va les voir en concert : "Je leur ai dit : 'Je vais terminer mon livre avec vous parce que vous me rappelez un peu les Beatles' ; et dans ma tête je me disais, 'c’est bon, j’ai fini ma carrière'. La semaine d’après, j’ai reçu un coup de fil. Ils avaient vu mes photos et me demandaient si je voulais en faire plus et j’ai travaillé avec eux pendant trois années très intenses." Encore aujourd’hui, elle expose pour se rassurer. Sans savoir si sa photo va plaire.

"Quand je la vois sur un mur et que les gens l’aiment, ça me stimule. Je me dis que je n’ai pas perdu mon temps pendant 50 ans."

Jill Furmanovsky, photographe 

à franceinfo

Parmi les artistes qu'elle a "ratés", elle cite notamment Nina Simone. "J'aurais pu faire des photos d’elle. Je n'y suis pas allée. C'est épouvantable ! Ou Shane MacGowan, le chanteur des Pogues, qui vient de mourir. Je l'ai photographié. Il était dans le public de The Clash. C'est une photo intéressante mais j'aurais dû travailler avec lui. Et puis, David Bowie. Je ne l'ai jamais photographié et je le regrette."

Toujours habitée, Jill Furmanovsky insiste pour faire écouter Gabriels, un groupe qu’elle a photographié récemment et dont elle est devenue fan.

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