La Méditerranée immobile de Bernard Plossu à Toulon

Dans le cadre du festival Photomed, l'Hôtel des Arts de Toulon dévoile 135 clichés inédits du grand photographe français qui a passé sa vie à voyager. L'artiste livre une vision particulière de la Méditerranée, faite de lieux déserts imbibés d'une lumière blanche et aveuglante. Des lieux presque irréels où le temps semble s'être arrêté.

Ile de Symi, Grèce 1989 
Ile de Symi, Grèce 1989  (Bernard Plossu )
Reportage : F. Farrugia / E. Malet

La Méditerranée de Bernard Plossu ne fait pas rêver. Quoi que... À bien y réfléchir, ces chantiers, magasins, routes, usines ou trottoirs déserts écrasés de soleil semblent tout droit sortis d'une toile de De Chirico.

Ile de Favignana, Italie 2008 
Ile de Favignana, Italie 2008  (Bernard Plossu )

Aucun personnage ou presque... Aucune vie... Aucun mouvement. Le temps semble s'étirer indéfiniment sous cette lumière blanche aveuglante de la Grèce ou de l'Italie. C'est cette "heure immobile" que le photographe globe-trotter immortalise depuis des années, toujours en noir et blanc, comme pour mieux capter ce "non temps".

Ile de Lampedusa, Italie 2004 
Ile de Lampedusa, Italie 2004  (Bernard Plossu )

Les clichés présentés à Toulon ont été pris durant ces 40 dernières années. Pourtant, qu'ils datent de 1976 ou de 2016, ils semblent intemporels. C'est ce que l'artiste appelle la "métaphysique méditerranéenne". "Il y a une puissance de la lumière qui donne du poids au temps", explique-t-il. 

Cabo de Gata, Espagne 2000 
Cabo de Gata, Espagne 2000  (Bernard Plossu )

Le photographe la connaît bien, cette Méditerranée. Du sud de la France à l'Espagne, où il a vécu plusieurs années, en passant par la Grèce et l'Italie, il n'a cessé de la parcourir, armé de son Nikkormat 50 mm.

"Cette série est un voyage", confie l'artiste, "pas seulement géographique, mais aussi dans le temps que la lumière forge depuis des siècles et des siècles". Un voyage mystérieux, poétique et surréaliste. Une telle invitation ne se refuse pas.