EN IMAGES. "Traversées d'Europe", une exposition photo contre le repli identitaire

Dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, six photographes voyageurs présentent leur vision du continent européen. Des clichés grands format à découvrir sur les grilles du jardin du Luxembourg.

C’est un des premiers évènements culturels organisés dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union Européenne. L’exposition "Traversées d’Europe" présente, jusqu'au 27 février sur les grilles du jardin du Luxembourg, à Paris, le regard singulier de six photographes sur le continent européen. Ces traversées d’Europe sont un plaidoyer pour la libre circulation à l’heure où certains pays rêvent de se refermer sur eux-mêmes.

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Chaque photographe nous invite, au travers d’images grands formats à des traversées de l'Europe, à la découverte de ses paysages, de ses routes ou de ses habitants. "Tous ces artistes ont parcouru l'Europe, l'ont explorée pendant de nombreuses années pour mener ces projets, s'enthousiasme Marie Guillemin, la commissaire de cette exposition. Ils sont allés d'un pays à un autre. On a par exemple Pascal Bastien, qui a photographié les populations européennes de 1995 jusqu'à 2018. C'est vraiment un investissement sur des sujets à l'échelle continentale. C'est assez exceptionnel de rassembler des projets photographiques au long cours sur un continent." © PASCAL BASTIEN, "Europa, Europa".
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Parmi ces photographes, une jeune autrichienne, Mafalda Rakos, a décidé de traverser l’Europe en auto-stop, comme ses parents l’avaient fait à l’aube des années 80. L'artiste a déjà parcouru plus de 10 000 km pour ce projet et nous livre les portraits de ceux ou de celles qu’elle a rencontrés lors de ses trajets. © MAFALDA RAKOS, "Stop & Go".
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L’Italien Valerio Vincenzo a lui fait plus de 20 000 km en douze ans, de 2007 à 2019, pour photographier ce qu’il appelle les frontières de la paix, des frontières inattendues et sans barrières : "Une frontière, par définition, n'est pas une barrière, mais c'est un lieu de passage et c'est ce que je montre avec mes images. Je suis armé d'un GPS et de cartes routières, et j'ai cherché l'emplacement exact des frontières. Dans chacune de mes photos, on voit la frontière entre les deux pays mais parfois, elle n'est pas matérialisée parce que c'est juste un paysage paisible. Parce que c'est ça, aujourd'hui, qu'on voit quand on se balade en Europe." © VALERIO VINCENZO, "Borderline, Les frontières de la paix".
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Dans une de ses images, le photographe nous conduit à la frontière germano-polonaise : "Dans cette image, on voit une plage, une passerelle qui mène à la mer du Nord et un enfant qui court sur la passerelle. Mais en même temps, on voit deux poteaux avec les couleurs des pays. À droite, il y a les poteaux de la Pologne, à gauche, les poteaux de l'Allemagne. Cette frontière est très symbolique parce que jusqu'en 1996, il y avait plus de 20 000 personnes du côté allemand pour la protéger et un policier tous les 400 mètres. C'est un symbole très, très fort du parcours qu'on a fait en Europe vers la réconciliation , la confiance et le respect réciproque." © VALERIO VINCENZO, "Borderline, Les frontières de la paix".