"21 rue La Boétie" : une exposition sur le parcours de Paul Rosenberg, initié par sa petite-fille Anne Sinclair

Paul Rosenberg (1881-1959) fut l'un des plus grands marchands d'art du XXe siècle. Il a contribué à faire connaître des artistes majeurs comme Picasso et Matisse. 120 de ses tableaux furent spoliés par le régime nazi. Un parcours raconté dans le livre "21 rue La Boétie" écrit par sa petite-fille, Anne Sinclair. Un ouvrage transposé en exposition à voir à Libourne jusqu'au 2 février.

Anne Sinclair devant \"La mort et le masque\" de James Ensor, exposition \"21 rue de la Boétie\" à Liège, Belgique, le 22 septembre 2016
Anne Sinclair devant "La mort et le masque" de James Ensor, exposition "21 rue de la Boétie" à Liège, Belgique, le 22 septembre 2016 (Sabine Glaubitz/dpa/picture-alliance/MaxPPP)
Après Paris et Liège, en Belgique, l'exposition "21 rue La Boétie" est à découvrir à la Chapelle du Carmel à Libourne, en Gironde jusqu'au 2 février 2019. La ville a une histoire particulière avec Paul Rosenberg. Car c'est dans une banque de la cité girondine que le célèbre marchand d'art avait caché une partie de ses trésors au début de la seconde guerre mondiale. Des tableau de Picasso, de Matisse, de Fernand Léger et bien d'autres. Au total, 120 chefs-d'oeuvres découverts et spoliés par le régime nazi. 60 d'entre eux sont montrés au grand public. Une exposition qui revient autant sur le parcours incroyable de ce marchand d'art de génie que sur l'histoire de la spoliation des biens des juifs par le régime nazi. 

Reportage : France 3 Aquitaine : H. Chauwin / K. Jbali / D. Laurent

Anne Sinclair présente à l'inauguration

Anne Sinclair, petite fille de Paul Rosenberg, a retracé l'histoire hors-norme de son grand-père dans un livre "21 rue La Boétie" (Ed. Grasset), publié en 2012. L'histoire d'un homme d'un grand talent, passionné par l'art, dont la galerie fut l'un des lieux les plus prisés de Paris. Jusqu'au début de la Seconde Guerre Mondiale, puis la défaite de 1940 et l’avènement du régime de Vichy. Paul Rosenberg, devenu paria, dut s'exiler à New-York et voir tous ses trésors confisqués. L'exposition présentée à Libourne est basée sur cet ouvrage. Anne Sinclair a fait le déplacement en Gironde pour inaugurer une plaque à la mémoire de son cher grand-père. Un moment très émouvant pour la journaliste, fière de cette reconnaissance mais également de cette exposition. "Son but est de mêler l'histoire de l'art et la grande Histoire" explique-t-elle. C'est à dire montrer à la fois le parcours d'un galeriste avant la guerre, ce qu'était l'art moderne qu'il a contribué à faire découvrir et ce qui se passait quand cet art moderne croisait le chemin des nazis, qui eux détestaient cet expression artistique. Ils considéraient ces œuvres comme de l'art dégénéré".