Lumière et couleurs provençales de Nicolas de Staël dans une expo à l'Hôtel de Caumont d'Aix

Les toiles et dessins de Nicolas de Staël, qui correspondent à sa période "Provence" sont exposés à l’Hôtel de Caumont, à Aix-en-Provence. Jusqu’au 23 septembre, le public découvre le travail de l’artiste, qui joue à la fois avec la lumière et les couleurs.

Exposition Nicolas de Staël à l\'hôtel de Caumont 
Exposition Nicolas de Staël à l'hôtel de Caumont  (GINIES/SIPA/1804271152 )
La période provençale de Nicolas de Staël a été courte, de juillet 1953 à juin 1954, mais particulièrement prolifique. Les œuvres de cette époque sont pour la première fois rassemblées à l’Hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence, un hôtel particulier du XVIIIe siècle, aujourd’hui devenu un centre d’art reconnu.  

Reportage de V.Chemine/ L.Esnault / A.Despretz

Des toiles très colorées

"Je mettrai des années à faire claquer au vent ta Provence" écrit Nicolas de Staël au poète René Char. Il aura fallu un peu moins d’un an au peintre pour s’inspirer de cette région. La création et l’innovation qui l'animent durant cette époque sont retranscrites à travers des toiles très colorées.

L’exposition est le travail conjoint de Marie du Bouchet, petite fille de l’artiste, et de Gustave de Staël, fils du peintre. Tous deux ont réuni 97 œuvres, 71 peintures et 26 dessins, venues de collections publiques et privées, pour une présentation de sa période provençale qui n’avait jamais été réalisée auparavant.
Nicolas de Staël, Paysage de Provence, 1953, huile sur toile, 81 x 65 cm, collection privée/Courtesy Applicat-Prazan, Paris 
Nicolas de Staël, Paysage de Provence, 1953, huile sur toile, 81 x 65 cm, collection privée/Courtesy Applicat-Prazan, Paris  (Adagp, Paris, 2018, photo : Applicat-Prazan)
L'exposition  se concentre de façon précise sur l’œuvre de Nicolas de Staël lors de son séjour en Provence de juillet 1953 à juin 1954, une période qui a permis à l’artiste de trouver un nouveau souffle et un sursaut dans son inspiration. Ainsi, le peintre se lance dans des créations audacieuses, très vives.

La couleur est poussée à son paroxysmeMarie du Bouchet, commissaire de l’exposition

Nicolas de Staël, Sicile, 1954, huile sur toile, 60 x 81 cm, collection privée
Nicolas de Staël, Sicile, 1954, huile sur toile, 60 x 81 cm, collection privée ( Adagp, Paris, 2018, photo : Jean Louis Losi)
Nicolas de Staël revient au figuratif, alors que les autres font de l’abstraction ; il entraîne le public de la Sicile à la Méditerranée antique, en captant fidèlement la lumière du Midi, et en retranscivant les changements de luminosité à travers les différentes heures de la journée. 

Il avait le don de pouvoir exprimer de quoi est faite une lumière.Gustave de Staël, commissaire de l’exposition

Nicolas de Staël, Ciel de Vaucluse, 1953, huile sur toile, 16 x 24 cm
Nicolas de Staël, Ciel de Vaucluse, 1953, huile sur toile, 16 x 24 cm (Adagp, Paris, 2018, photo : Jean Louis Losi)