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Le New York du peintre Edward Hopper au Whitney Museum à Manhattan

Plus de 200 oeuvres issues du fonds Whitney et de prêts de collections publiques et privées composent l'exposition "Edward Hopper's New York" ouverte jusqu'en mars 2023 au Whitney Museum à Manhattan.

Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Une femme devant un tableau du peintre à l'exposition "Edward Hopper's New York"au Whitney Museum de Manhattan, le 27 octobre 2022 (TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Comme si un photographe avait utilisé une toile et des pinceaux, Edward Hopper a passé les six décennies qu'il a vécues à New York à imaginer, explorer et peindre la mégapole comme personne ne l'avait jamais fait auparavant.

Une partie de ce travail prolifique sur la ville qui l'a hébergé de 1908 à 1967 fait partie de l'exposition Edward Hopper's New York au Whitney Museum, qui rassemble la plus grande collection de l'artiste, sur ses 3.100 oeuvres répertoriées, et sa relation particulière avec New York.

Des oeuvres telles que Automat (1927), Early Sunday Morning (1930), Room in New York (1932), New York Movie (1939) et Morning Sun (1952) sont au coeur de cette exposition, ainsi que des aquarelles de toits et de ponts, des esquisses pour ses oeuvres et des documents qui éclairent la vie de l'artiste américain.

Clichés sur New York 

Loin des clichés sur la "ville monde", forêt de gratte-ciel, incroyable mosaïque culturelle et poumon financier mondial, le New York de Hopper est à taille humaine.

"Hopper a passé l'essentiel de sa vie ici, à quelques pâtés de maison du Whitney Museum", relève Kim Conaty, la commissaire de l'exposition. "Il a connu les mêmes rues et fut le témoin du cycle permanent des démolitions et reconstructions, comme aujourd'hui, où New York ne cesse de se réinventer", estime l'experte dans un communiqué du musée. "Comme peu l'ont fait de manière aussi poignante, Hopper a capturé une ville à la fois en changement permanent et immuable, un lieu particulier figé dans le temps et clairement façonné par son imagination", conclut Mme Conaty.

Hopper préférait les lieux méconnus, voire ignorés, ceux hors des sentiers battus, à la célébrissime "skyline" de Manhattan et aux monuments emblématiques comme le pont de Brooklyn ou l'Empire State Building. "Je n'ai jamais été intéressé par la verticale", a-t-il un jour plaisanté. L'homme aimait s'isoler de la fureur du monde extérieur.

Solitude 

De 1913 à sa mort en 1967, Hopper vécut avec sa femme - également artiste et modèle pour ses peintures - Josephine Nivison Hopper dans le même appartement de Washington Square, à Greenwich Village, dans le sud de Manhattan.

D'illustrateur indépendant, il devint l'un des artistes les plus célèbres du pays. Sorte de "voyeur", le peintre né en 1882 à Nyack, petite ville au bord de l'Hudson River au nord de New York, n'a eu de cesse d'explorer les frontières poreuses entre vie publique et privée : les fenêtres, élément constant dans son travail, permettent de montrer à la fois l'extérieur et l'intérieur d'un bâtiment. Il a décrit cette expérience comme une "sensation visuelle commune". Hopper peint des cheminées, des bâtiments vides, des boutiques, des ponts et des scènes du quotidien empreintes de solitude. La lumière si particulière du peintre peut provoquer une sensation "effrayante, très sombre" et même un sentiment "de vide", explique Jennifer Tipton, spécialiste de l'éclairage pour le théâtre, citée par le Whitney Museum.

Certaines des pièces de l'exposition proviennent d'une collection d'oeuvres ayant appartenu à un pasteur baptiste, Arthayer Sanborn, qui vivait dans les années 1960 près de la maison d'enfance de Hopper à Nyack. Dans une enquête en octobre, le New York Times s'est demandé comment un pasteur avait pu amasser jusqu'à 300 oeuvres du peintre. Avant sa mort en 2007, Sanborn avait affirmé, sans preuves, qu'il s'agissait de cadeaux du couple Hopper ou de pièces récupérées dans l'appartement de l'artiste après sa mort.

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