La Méditerranée au bout du pinceau, sur les traces d'Albert Marquet à Sète

Du sud de la France au Maroc en passant par l'Algérie, Albert Marquet s'est beaucoup inspiré des paysages méditerranéens. Le musée Paul Valéry de Sète retrace l'itinéraire de ce peintre voyageur du début du 20e siècle.

Sète, le canal de Beaucaire, Albert Marquiet - 1924, huile sur toile,
Sète, le canal de Beaucaire, Albert Marquiet - 1924, huile sur toile, (Legs de M. Georges Grammont à l’Etat français pour dépôt au musée de l’Annonciade, Saint-Tropez en 1959)

Toute sa vie de peintre, Albert Marquet a arpenté les bords de mer. Voyageur insatiable et curieux des atmosphères portuaires, cet amoureux de l'eau découvre la Méditerranée en 1905. Il ne cessera ensuite d'en parcourir les deux rives pendant quarante ans. En près de quatre-vingts peintures, l'exposition La Méditerranée d'une rive à l'autre raconte cet itinéraire. Ce camarade d'Henri Matisse est considéré à ses débuts comme l'un des précurseurs du fauvisme.  

"ll garde du fauvisme cette audace dans la composition", explique aux visiteurs Caroll Charrault, chargée de la médiation des publics. "On a un cadrage resserré et les plans successifs peuvent aussi rappeler une composition de Paul Cézanne". Une empreinte que l'on retrouve beaucoup moins dans la suite de son oeuvre. Albert Marquet est resté assez libre, refusant de s'enfermer dans les courants artistiques de son temps. 

Une exposition comme un carnet de voyage

Des couleurs vives et une blancheur qui reflète la morsure du soleil, les oeuvres se découvrent comme un carnet de voyage. Au bout du pinceau, Venise et ses canaux, Naples et son volcan. Des paysages sereins dans lesquels l'activité humaine tient une place importante. En 1924, le peintre passe l'été à Sète, il est séduit par le port et les canaux.

La plage au soleil, Albert Marquet - 1926. Huile sur toile
La plage au soleil, Albert Marquet - 1926. Huile sur toile (Collection particulière. Courtesy Brame & Lorenceau, Paris)

Souvent dans les marines, les deux tiers du tableau sont consacrés au ciel. Là, c'est l'inverse. La subtilité c'est que le ciel se reflète dans la mer. Marquet peint ce qu'il voit. Il va jouer avec cet effet. Caroll Charrault, chargée de médiation

L'exposition fait aussi la part belle à l'autre rive : la Tunisie, le Maroc et surtout Alger où le peintre a longuement séjourné à la fin de sa vie. Pour cette première rétrospective Marquet, le musée Paul Valéry de Sète a osé la couleur. Un peu comme un hommage marin à ce peintre de la lumière.

"La Méditerrannée, d'une rive à l'autre", jusqu'au 3 novembre 2019 au musée Paul Valéry de Sète. Tel : 04 99 04 76 16