Gérard Fromanger, peintre engagé et maître de la Figuration narrative, est mort

Il est décédé à l'âge de 81 ans, a annoncé vendredi l'Académie des Beaux-Arts.

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L'artiste français Gérard Fromanger pose devant ses tableaux lors de l'inauguration de son exposition à la Fondation Leclerc à Landerneau (Finistère), le 22 juin 2012. (FRED TANNEAU / AFP)

Il était le représentant majeur de la Figuration narrative. Le peintre français Gérard Fromanger, artiste engagé, est mort à l'âge de 81 ans, a annoncé vendredi 18 juin l'Académie des Beaux-Arts. "C'est avec émotion que l'Académie des Beaux-arts a appris le décès du peintre Gérard Fromanger", a annoncé sur Twitter l'institution, qui avait fait dialoguer ses œuvres avec celles d'impressionnistes dans une exposition montée en 2019 au Musée Marmottan Monet à Paris.

"Gérard Fromanger était un ami, un camarade, un compagnon de route, un visionnaire. Un artiste engagé dans la défense de toutes les libertés, un poète à la palette enjouée et multicolore", a réagi l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, Jack Lang.

Le prototype de l'artiste empathique

Cet artiste né en 1939 à Pontchartrain, près de Paris, était le prototype de l'artiste empathique, engagé dans son époque : "L'angoisse est mondiale: du temps, du fric, du marché", expliquait-il il y a deux ans, à l'occasion de cette exposition.

Descendant d'une longue lignée de peintres, il faisait partie d'un groupe d'artistes qui ont formé dans les années 1960 le courant de la Figuration narrative (ou "nouvelle figuration"), consistant à créer des récits et des histoires avec des figures, en contraste avec l'art abstrait.

Tableau " Le Coeur fait ce qu'il veut Cardiogramme" et "Jean-Michel (Basquiat)" de Gérard Fromanger, exposé à Londres en 2019.  (STEPHEN CHUNG/LNP/REX/SIPA / SHUTTERSTOCK)

Une très forte prédilection pour la couleur rouge

Dans une exposition de 1964 regroupant plusieurs artistes, alors que lui-même était inconnu, "on avait mis mon tableau dans les toilettes", racontait-il. "C'est là que Giacometti, demi-Dieu sur terre, a vu et aimé mon tableau. Je me suis présenté. L'histoire de l'art est une course de relais. Si on ne saisit pas le témoin, on n'est pas dans la course."

Il a notamment réalisé de nombreuses toiles mettant en scène des foules de silhouettes colorées, et avait aussi une très forte prédilection pour la couleur rouge qu'il sublimait dans ses créations. Cet artiste qui a fréquenté César, Prévert, Godard, Foucault, Deleuze... s'inscrira toujours à gauche et gardait des souvenirs émus de la "fête somptueuse" qu'avait été Mai 68. Il avait exposé en Chine, en Amérique, en Afrique et en Europe. Le centre Pompidou lui avait consacré une grande rétrospective en 2016.

Tableaux de Gérard Fromanger au musée Marmottan Monet à Paris, en mai 2021.  (MARTIN BUREAU / AFP)

"Un altruiste au service de la création"

Sa disparition a entraîné de vives réactions dans le milieu culturel : "Gérard Fromanger était un être de passions et de convictions, un altruiste au service de la création. Son œuvre marque nos esprits par sa clarté et sa capacité à se saisir du monde qu’il aura traversé avec ardeur et liberté" a témoigné Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne ; "la grandeur de Fromanger tient à la façon dont, dans cette seconde moitié du 20e siècle pendant laquelle son art s’est affirmé, il aura su nouer de troublante façon, peinture de la vie et vie de la peinture." a également rendu hommage le conservateur du Musée national d'art moderne, Michel Gauthier.

Pour le président du Centre Pompidou, Serge Lasvignes : "Exposer Gérard Fromanger, c’était faire entrer la vie, l’ardeur, l’échange dans le musée. Une rayonnante humanité". Le musée, qui compte trente-six œuvres de l’artiste dans sa collection, lui a consacré une vaste exposition-rétrospective en 2016. Celle-ci connut un grand succès auprès du public, lui permettant de revenir sur quelque cinquante années de création. Le parcours thématique mettait en évidence la dualité au cœur de l’art de Gérard Fromanger : la passion picturale et le souci du monde.

Le tableau "Hommage à Topino Lebrun - 1977" de Gérard Fromanger, exposé au Centre Pompidou de Paris en 2016. (GINIES/SIPA)

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