A la découverte de "La peinture de la Libération", de Pierre Soulages à Olivier Debré, au Mémorial de Caen

75 œuvres majeures, créées entre 1945 et 1962, sont à découvrir jusqu’au 31 janvier 2021 au Mémorial de Caen. Ces peintures, dessins et sculptures racontent comment la seconde guerre mondiale a eu une forte influence sur l’art.

Entre la Libération et la fin de la guerre d\'Algérie, l\'art a connu de profonds bouleversements.  
Entre la Libération et la fin de la guerre d'Algérie, l'art a connu de profonds bouleversements.   (G. Le Gouic / France Télévisions)

Elles recouvrent les murs du nouvel espace d’exposition du Mémorial de Caen, inauguré l’an dernier. Les 75 œuvres choisies pour l’exposition La peinture de la libération proviennent toutes de la collection de Jean-Claude Gandur, un milliardaire suisse passionné d’art. Une quarantaine d’artistes sont représentés dont, parmi eux, de grands noms comme Pierre Soulages, Jean Dubuffet, Jean Fautrier ou encore Georges Mathieu.  

Des oeuvres sombres à l'art naïf 

L’exposition retrace chronologiquement l’évolution de l’art abstrait, de la Libération à la fin de la guerre d’Algérie. L’itinéraire est organisé autour de huit sections illustrées, chacune, par une dizaine d’oeuvres. La visite s’ouvre sur les premières années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Encore marqués par les horreurs de la guerre, les artistes produisent des œuvres sombres (G. Mathieu, Obscuration, 1952). Puis arrive, le mouvement CoBrA fondé par un groupe d’artistes étrangers en désaccord avec leurs collègues français. Ils puisent leur inspiration dans les arts primitifs, naïfs, populaires, dans la calligraphie orientale ou encore dans l’art préhistorique et médiéval.

Le hollandais Karel Appel est l\'un des membres du groupe CoBrA (Figures, 1952)
Le hollandais Karel Appel est l'un des membres du groupe CoBrA (Figures, 1952) (G. Le Gouic / France Télévisions)

L'abstraction, les nouvelles matières...

Mais la rupture avec la peinture abstraite d’avant-guerre devient flagrante avec la jeune génération qui se tourne vers l’abstraction (N. de Staël, O. Debré…). L’utilisation de nouvelles matières dans les tableaux, comme le tissu, le fil de fer ou de nylon, la toile de jute montre aussi à quel point les peintres se détournent des canons traditionnels pour chercher d’autres voies (A. Bury, R. Hains …). Le geste se libère également en fonction des émotions (G. Mathieu, J. Degottex…), les formats sont repensés (E. Vedova).

Emilio Vedova, Scontro di Situazioni (Conflit de situations), 1959, détrempe vinylique, huile, sable, charbon et poudre de pigments sur toile 275 x 444 cm
Emilio Vedova, Scontro di Situazioni (Conflit de situations), 1959, détrempe vinylique, huile, sable, charbon et poudre de pigments sur toile 275 x 444 cm (G. Le Gouic / France Télévisions)

Exposition La libération de la peinture ,1945-1962, au Mémorial de Caen, jusqu'au 31 janvier 2021, de 10h à 17h.