"Le Christ vert", oeuvre "radicale" de Maurice Denis, entre dans les collections du musée d'Orsay

Le musée d'Orsay a acheté à la famille de Maurice Denis son "Christ vert", une oeuvre de 1890 qui représente un Christ en croix confinant à l'abstraction

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France Télévisions Rédaction Culture
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Maurice Denis, "Le Christ vert", 1890, huile sur carton, 21 x 15 cm (© DR)

Le musée d'Orsay a acquis Le Christ vert (1890) de Maurice Denis, une huile sur carton de petite dimension qui est "certainement la plus radicale des œuvres de l'artiste" et "sans équivalent dans sa peinture", selon le musée.

Le Christ, en vert, se trouve en haut à gauche, se détachant sur une croix jaune qui se fond dans le reste de la peinture où on distingue à peine, en nuances de jaune, des anges recueillant le sang du Christ et des orants ou processionnaires massés au pied de la croix. Un ciel rouge entoure celle-ci et quelques touffes de végétation au premier plan renvoient au paradis, analyse le communiqué du musée d'Orsay. Une fleur blanche symbolise résurrection et salut. Le vert, lui, est associé à la spiritualité.

Le Christ vert a été présenté dans des expositions, mais de son vivant Maurice Denis le gardait avec lui et ne le montrait qu'à ses visiteurs, et peut-être dans les réunions des nabis où les jeunes artistes qui voulaient révolutionner la peinture se montraient et s'échangeaient des œuvres. Le Christ vert a été acquis par le musée d'Orsay auprès de la famille Denis.

"Immarcescibles icônes"

Maurice Denis a toujours voulu être "un peintre chrétien" et aspirait à devenir un moine-peintre comme Fra Angelico. La renonciation à la vie monastique le plongeait dans un profond dilemme, note le musée d'Orsay. Pour réunir ses deux vocations, il trouve en 1889 une solution : "Je crois que l'art doit sanctifier la nature ; je crois que la vision sans l'Esprit est vaine ; et c'est la mission de l'esthète d'ériger les choses belles en immarcescibles icônes", proclame-t-il.

Il peint à cette époque un ensemble de petits formats autour de la Crucifixion, dont fait partie Le Christ vert (1890), "confinant à une forme d'abstraction inégalée dans son œuvre", note le musée d'Orsay. La même année, il écrit le texte qui sert de manifeste aux nabis et où il dit qu'il faut "se rappeler qu'un tableau –avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote- est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées".

Le Christ vert vient enrichir les collections de peintures nabies et post-impressionnistes d'Orsay, les plus complètes au monde, se réjouit le musée.

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