"Plus de 200 camions vont partir depuis Paris" : le musée du Louvre inaugure son nouveau centre de conservation

Le musée du Louvre inaugure ce mardi, à Liévin, son centre de conservation qui va accueillir ses futures réserves.

La rue d\'accès à l\'aire de livraison des œuvres peut accueillir deux semi-remorques en simultané.
La rue d'accès à l'aire de livraison des œuvres peut accueillir deux semi-remorques en simultané. (ANNE CHÉPEAU / FRANCE-INFO)

Le nouveau centre de conservation du musée du Louvre est inauguré ce mardi 8 octobre à Liévin, près de Lens. D’ici 2024, 250 000 œuvres vont quitter Paris pour le Pas-de-Calais.

En juin 2016, la crue de la Seine avait provoqué beaucoup d'agitation dans les grands musées parisiens situés à proximité. En particulier au Louvre, dont une partie des réserves se trouvent en zone inondable. Le premier objectif de ce transfert est donc de mettre les œuvres à l’abri des inondations. Actuellement, 150 000 oeuvres se trouvent en zone inondable. Il s'agit de beaucoup de petites pièces archéologiques, comme des monnaies ou des fragments de poteries, mais il y a aussi des œuvres de taille plus importante comme des sarcophages et des peintures de grand format. Une opération titanesque.

Un déménagement sous haute discrétion 

Les premières à quitter Paris seront les 150 000 œuvres menacées par une crue de la Seine. Leur déménagement va commencer à la fin du mois d'octobre et il va se poursuivre jusqu’en décembre 2020.

Centre de conservation du Louvre à Liévin (Pas-de-Calais). La réserve R1, la plus haute, va accueillir les pièces les plus lourdes.
Centre de conservation du Louvre à Liévin (Pas-de-Calais). La réserve R1, la plus haute, va accueillir les pièces les plus lourdes. (ANNE CHÉPEAU / FRANCE-INFO)

Pour les 100 000 autres oeuvres qui se trouvent dans des secteurs non inondables ou dans des réserves externalisées à Paris, en banlieue parisienne ou en région, le transfert sera réalisé entre 2021 et 2024. Car l’idée de ce centre de conservation de Liévin, c’est aussi de réunir les œuvres dans un lieu unique.

Les transferts vont se faire par camion, avec un calendrier précis jusqu’en décembre 2020 comme l'explique Brice Mathieu, le directeur délégué du centre de conservation de Liévin : "On va avoir plus de 200 camions qui vont partir depuis Paris. On sait aujourd'hui quel camion partira quel jour. Seul un camion partira par jour car, justement, nous avons besoin de pouvoir réinstaller les oeuvres qu'on sort du camion."

Comme dans tout ce que fait le Louvre et tous les musées de France et de Navarre, le transfert est extrêmement discret.Brice Mathieu, directeur délégué du centre de conservation

Des nouvelles réserves qui ne font pas l'unanimité 

Au sein du musée du Louvre, les critiques ne portent pas sur le bâtiment mais sur la localisation de ces nouvelles réserves. Liévin a été choisie parce que les collectivités locales le souhaitaient. Le terrain de 40 000 m2 sur lequel est construit le centre de conservation a été cédé à l’État pour un euro symbolique. Une somme à mettre en rapport avec le prix du foncier en région parisienne.

Vue aérienne du Centre de conservation du Louvre, à Liévin (Pas-de-Calais).
Vue aérienne du Centre de conservation du Louvre, à Liévin (Pas-de-Calais). (Joas Souza)

La contestation au sein du musée, notamment parmi les conservateurs, remonte à plusieurs années mais elle n’est pas totalement éteinte, Brice Mathieu en convient : "Les réticences, c'est le temps de trajet évidemment. C'est vraiment le seul élément qui remonte encore. J'ai eu des commentaires de conservateurs qui m'ont dit 'c'est parfait mais c'est dommage que ce soit si loin.'"

Faire 200 kilomètres pour aller voir des œuvres en réserve complique évidemment l’organisation du travail. Aujourd'hui 150 à 200 personnes des différents départements du Louvre fréquentent les réserves. Des déplacements qui auront aussi un coût et qu’il faudra financer.