"Le corps et l'âme" au musée du Louvre : la sculpture de la Renaissance italienne dans toute sa splendeur, de Donatello à Michel-Ange

Le parcours propose de découvrir la sculpture italienne de 1450 à 1520, où de grands noms comme Donatello ou Michel-Ange côtoient des artistes moins connus du grand public. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Vue de l'exposition "Le corps et l'âme" au musée du Louvre.  (Manon Botticelli / Franceinfo Culture)

La Renaissance italienne en majesté au musée du Louvre. La sculpture, plus précisément. Celle du créateur de génie Donatello, du grand Michel-Ange, ou d'artistes moins connus du grand public mais qui ont marqué leur époque : Antonio del Pollaiolo, Guido Mazzoni, Andrea del Verrocchio ou encore Tullio Lombardo. 

En étroite collaboration avec le Castello Sforzesco de Milan, le Louvre présente 140 œuvres, datant de 1450 à 1520 avec pour objectif d'étudier la diffusion du "nouveau style" de la Renaissance, de Florence au reste de l’Italie. "La Renaissance, c’est avant tout un retour à l’Antiquité classique avec un travail sur le corps humain, les canons de beauté et les jeux d’équilibre", explique Marc Bormand, conservateur du département des Sculptures au musée du Louvre. "L’homme est au centre de ce nouvel âge : son corps mais aussi son âme, avec ses passions, ses sentiments, ses émotions, que les artistes cherchent à mettre en valeur", continue-t-il.

Homme sacré et homme profane

L’exposition s’ouvre sur ce retour à l’antique avec une première partie, La fureur et la grâce, où les corps en torsion ou vêtus d'élégants drapés s'inspirent de modèles romains. Certaines de ces sculptures antiques sont d'ailleurs exposées, permettant au visiteur de mieux visualiser les influences. "Les artistes vont représenter l’homme profane, celui de la mythologie, et l’homme sacré - la religion joue un rôle majeur dans la société de l’époque – avec des sentiments allant de l’extase mystique aux douleurs intenses lors des scènes de lamentations", analyse Marc Bormand. Les divinités gréco-romaines, comme Orphée, bronze dansant de Bertoldo di Giovanni (vers 1470), côtoient ainsi des figures chrétiennes, par exemple Sainte Brigitte représentée sur un panneau d’Agostino di Duccio. 

Agostino di Duccio. Pérouse, apres 1481. Sainte Brigitte reçoit la règle de son ordre. New York the Metropolitan Museum of Art (Manon Botticelli / Franceinfo Culture)

Chaque personnage, issu de la culture antique ou chrétienne, fait l’objet d'un cartel explicatif. Une astuce permettant de mieux comprendre des œuvres présentées dans cette exposition tout de même assez pointue. Des oeuvres graphiques, peintures et dessins, accompagnent également les sculptures. 

La violence des sentiments

La deuxième partie du parcours, Émouvoir et convaincre, souligne la volonté des artistes de l’époque de marquer le spectateur, et surtout les fidèles, avec la représentation d’émotions violentes des personnages religieux. Donatello aura une influence capitale. Sa Lamentation sur le Christ mort (vers 1455-1460), relief en bronze, illustre notamment cette capacité "exceptionnelle" de l’artiste à représenter les sentiments.

Donato di Niccolo di Betto Bardi, dit Donatello. Lamentation sur le Christ mort, vers 1455-1460. Bronze.  (Manon Botticelli/ Franceinfo Culture)

Le sculpteur s'appuie sur l'expression des visages, ici, une Vierge grimaçante, mais aussi sur le corps. "Nous avons à gauche une figure qui est pliée en deux avec les bras très allongés qui s’élancent dans un mouvement vers le corps du Christ et qui est prise dans un drapé flottant", décrit Marc Bormand. "Les artistes qui vont s’inspirer de Donatello reprennent cet intérêt pour le corps en mouvement et sa manière de traduire l’intensité de l’expression d’une figure quand elle est habillée", explique le commissaire d’exposition. Il décrit Donatello comme un "immense créateur" qui n’a pas "cessé de se réinventer" pendant près de soixante ans.

"Style doux"

En avançant dans le parcours, les figures pieuses déformées par le chagrin laissent place à des visages plus paisibles, exprimant la tendresse et l’amour. La fin du XVe siècle est marquée, en peinture, par le "style doux" du Pérugin et de Raphaël. Parallèlement, les formes des sculptures s'adoucissent. Les artistes vont chercher à représenter la beauté idéale, comme Benedetto Da Maiano, le vénitien Tullio Lombardo – un magnifique marbre, Bacchus et Ariane représentés en deux figures rêveuses, est notamment présenté – et surtout Michel-Ange.

Modelé par ce dernier, un duo de sculptures monumentales est exposé : Esclave mourant et Esclave rebelle, deux éléments créés entre 1513 et 1515 pour orner la partie inférieure du monument funéraire du pape Jules II, permettant de conclure ce parcours sur un chef d'oeuvre. 

Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel-Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance
Musée du Louvre, Rue de Rivoli, 75001 Paris
Billet unique (collections permanentes et expositions) : 15€ sur place, 17€ en ligne avec accès garanti en 30 minutes.
Jusqu'au 18 Janvier 2021

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.